Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Zaïdites (chiites) et HouthisNord-Ouest montagneux (Saada, Sanaa)Les zaïdites sont une branche du chiisme particulière au Yémen, dont les imams ont régné sur le Nord jusqu’en 1962. Le mouvement houthi est né à Saada dans les années 1990 en réaction à la marginalisation de la région, puis a pris Sanaa en 2014. Il tient aujourd’hui la capitale et la majorité de la population, avec le soutien de l’Iran, et gouverne par la répression (condamnations à mort d’opposants en 2026, saisie de matériel de l’ONU (Organisation des Nations unies) à Sanaa en janvier). Après la mort de Khamenei, les Houthis sont entrés dans la guerre contre Israël (tir de missile le 28 mars 2026) puis ont déclaré en juillet un blocus des ports saoudiens ; ils tentent d’obtenir une place dans tout règlement entre l’Iran et les États-Unis.
Sunnites chaféitesTaëz, Hodeïda, Aden, plaines côtièresIls forment la majorité sunnite du pays, plus nombreuse dans le Sud et l’Ouest. Le gouvernement reconnu, dirigé depuis 2022 par un Conseil présidentiel (PLC) que préside Rachad al-Alimi, siège à Aden et dépend largement de l’Arabie saoudite ; Shaya al-Zindani en est le Premier ministre depuis janvier 2026. Il manque d’unité, de ressources et de contrôle sur le terrain : le Palais de Maachiq, à Aden, a été visé par un tir de missile houthi le 15 octobre 2026 (cinq morts, selon la presse).
Sudistes (Aden, Hadramaout, Mahra)Aden, Hadramaout, Chabwa, MahraLe Sud a été une colonie britannique (Aden) puis, de 1967 à 1990, un État marxiste indépendant, avant l’unification avec le Nord et une guerre civile perdue en 1994, d’où un fort sentiment d’être dominé. Le Conseil de transition du Sud (STC), soutenu par les Émirats, a poussé en décembre 2025 dans le Hadramaout et le Mahra, riches en pétrole et proches de l’Arabie saoudite. Riyad a répondu par des frappes et des forces locales : en janvier 2026, le chef du STC, Aïdarous al-Zoubaïdi, a été exclu du PLC, accusé de trahison et parti en exil aux Émirats, et la dissolution du mouvement a été annoncée à Riyad, décision contestée par des cadres du STC à l’étranger. L’idée d’un Sud indépendant reste populaire, et des manifestations de partisans du STC ont eu lieu à Aden en février.
Muhamasheen (marginalisés)Quartiers des villes (Taëz, Sanaa, Hodeïda)Groupe traditionnellement relégué au bas de l’échelle sociale (souvent appelé « akhdam »), de plusieurs centaines de milliers de personnes selon les estimations. Ils subissent la discrimination, la pauvreté et la guerre sans aucun poids politique. Ils sont parmi les premiers touchés par la faim.
Réfugiés et migrants de la Corne de l’AfriqueAden, côtes de la mer Rouge, routes vers l’Arabie saouditeDes dizaines de milliers d’Éthiopiens et de Somaliens traversent chaque année le golfe d’Aden pour tenter de rejoindre les pays du Golfe. Ils empruntent cette route faute de perspectives chez eux, malgré la guerre sur place. Ils sont exposés à de graves violences et à la traite.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.