Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Taïwanais d’origine hokkien et hakkaPlaines de l’ouest et villes principalesCe sont les descendants de paysans du Fujian et du Guangdong arrivés à partir du XVIIᵉ siècle, quand l’île passait des Hollandais aux Qing. Ils forment la grande majorité de la population (près de 85 % avec les Hakkas) et ont longtemps vécu sous le pouvoir de l’empire du Japon (1895-1945) puis du Kuomintang. Leur identité propre, distincte de celle de la Chine continentale, est aujourd’hui au cœur du débat politique, entre le Parti démocrate progressiste du président Lai Ching-te (au pouvoir depuis 2024, mais sans majorité au Parlement), et l’opposition du Kuomintang et du Parti populaire, qui contrôlent le Yuan législatif. Les grandes campagnes de révocation d’élus du Kuomintang ont échoué en juillet et août 2025, et les élections locales de fin novembre 2026 serviront de test.
« Continentaux » (waishengren)Surtout Taipei et les villes du nordEnviron un million et demi de personnes (militaires, fonctionnaires, civils) ont fui la Chine avec le Kuomintang après sa défaite en 1949. Elles ont dominé l’armée et l’État pendant des décennies de loi martiale, jusqu’à 1987. Leurs descendants sont souvent plus proches du camp favorable à un rapprochement avec Pékin, mais l’identité taïwanaise progresse chez les plus jeunes. Pékin cultive ce courant : la présidente du Kuomintang, Cheng Li-wun, a rencontré Xi Jinping à Pékin en avril 2026 et plaide pour parler avec la Chine plutôt que de s’armer, une ligne qui n’est approuvée que par une minorité de l’opinion.
Peuples autochtones austronésiensMontagnes de l’est et du centre, île d’OrchidéeLes seize peuples reconnus (Amis, Atayal, Paiwan, etc.) représentent environ 2 % de la population et sont les plus anciens habitants de l’île ; leurs langues sont apparentées à celles du Pacifique et des Philippines. Ils ont perdu des terres face aux colons successifs. Leur reconnaissance progressive depuis les années 1990 a fait de Taïwan un lieu de référence pour les droits autochtones en Asie.
Travailleurs migrants d’Asie du Sud-EstUsines, chantiers, pêche hauturière, soins à domicilePlusieurs centaines de milliers d’Indonésiens, de Vietnamiens, de Philippins et de Thaïlandais font tourner les usines, les bateaux de pêche et les soins aux personnes âgées. Ils sont souvent dépendants de leur employeur et exposés aux abus. Le vieillissement rapide de l’île rend leur présence indispensable.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.