Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Arabes sunnitesMajorité du pays : Alep, Homs, Hama, Damas, vallée de l’EuphrateIls forment environ les trois quarts de la population mais étaient écartés du pouvoir sous la famille Assad, issue de la minorité alaouite. Le soulèvement de 2011 est parti de leurs villes, avant de se transformer en guerre civile. Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 (réfugié en Russie, condamné à mort par contumace en août 2026), le pays est dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien chef du groupe islamiste HTC (Hayat Tahrir al-Cham), qui nomme lui-même une partie du Parlement installé en juillet 2026. Le pouvoir reste concentré autour de lui et de ses anciens compagnons d’armes, et il est fragilisé par la crise économique (fortes hausses du prix des carburants et manifestations en septembre 2026) et par les attentats de l’État islamique.
AlaouitesMontagnes côtières (Lattaquié, Tartous)Branche minoritaire issue du chiisme (environ 10 % des Syriens), longtemps marginalisée et rurale. Le pouvoir leur a donné accès à l’armée et à l’État dès l’époque du mandat français, puis sous les Assad, ce qui explique leur place dans l’appareil sécuritaire. Après la chute du régime, l’armée et la police ont été dissoutes, laissant beaucoup d’entre eux sans emploi, et ils craignent des représailles : des massacres sur la côte ont eu lieu en mars 2025. Plusieurs responsables du régime sont jugés, ce qui nourrit la peur d’une punition collective.
KurdesNord-Est (Hassaké, Kobané, Raqqa en partie) et quartiers d’AlepEnviron 10 % de la population, privés de nationalité pour une partie d’entre eux jusqu’en 2011. Ils avaient profité de la guerre pour créer une administration autonome dans le Nord-Est, avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliées des Américains contre Daech. En janvier 2026, après des combats à Alep puis dans l’Est, Damas a repris Raqqa, Deir ez-Zor et une grande partie de Hassaké ; un décret a reconnu les Kurdes comme partie du peuple syrien et le kurde comme langue nationale. Les FDS ont accepté de s’intégrer à l’armée et, en août 2026, leur chef Mazloum Abdi a annoncé leur dissolution et est devenu conseiller du président. La Turquie, qui les liait au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), en sort renforcée ; il reste à voir si les Kurdes garderont une réelle autonomie locale.
DruzesSoueïda et sud du paysLes Druzes, minorité religieuse issue de l’ismaélisme, sont installés dans le djebel du Sud depuis le XIe siècle. Des affrontements meurtriers avec des bédouins et des forces du gouvernement en juillet 2025 ont rompu la confiance avec Damas. Depuis, Soueïda est tenue par des milices druzes ; le cheikh Hikmat al-Hijri réclame la séparation de Damas et se tourne vers Israël, qui s’est présenté comme protecteur des Druzes et a frappé les forces syriennes (mars 2026). De nouveaux heurts ont eu lieu fin août 2026.
ChrétiensDamas, Homs, vallée de l’OrontePrésents depuis les origines du christianisme, ils ont fortement diminué par l’exil durant la guerre. Ils redoutent un pouvoir islamiste, surtout depuis l’attentat contre une église de Damas en juin 2025, et se tiennent surtout à l’écart des luttes de pouvoir.
Syriens de retour (réfugiés et déplacés)Alep, Idlib, Damas, banlieues détruites de Homs et de la GhoutaDepuis décembre 2024, plus d’un million de réfugiés revenus de Turquie, du Liban, de Jordanie et d’Irak, ainsi que plusieurs millions de déplacés, ont regagné leur région d’après l’ONU (Organisation des Nations unies) et les autorités. Ils retrouvent des villes détruites, peu d’électricité et des logements détruits ou occupés. Le rythme des retours pèse sur la stabilité des pays voisins comme sur celle de la Syrie.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.