Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Population coréenne, classée par « songbun »Dans tout le pays, concentration à Pyongyang pour les mieux classésLe pays est presque entièrement coréen, mais le régime classe les citoyens selon un système héréditaire de loyauté (le songbun), hérité de la fondation du pays en 1948 : classe « noyau », classe « fluctuante » et classe « hostile ». Cette classe détermine l’accès à la capitale, aux études, aux emplois et à la nourriture. Le pouvoir est détenu par la famille Kim (Kim Jong Un règne depuis fin 2011, après son père et son grand-père), par le Parti du travail et l’armée, dont les services de sécurité surveillent chaque habitant. La famine des années 1990 a fait naître des marchés privés et une nouvelle classe de commerçants (les « donju »), que le régime tolère mais surveille de plus en plus depuis la fermeture des frontières de 2020.
Cercle dirigeant : famille Kim et successionPyongyang, cercle dirigeant du PartiLe régime repose sur le culte d’une lignée dite « du mont Paektu ». Kim Jong Un a présenté en public sa fille Kim Ju Ae depuis 2022 ; les services sud-coréens la jugent de plus en plus probable comme future dirigeante, sans que cela soit confirmé. L’incertitude sur la succession et sur la santé de Kim est un enjeu majeur, car une lutte entre cadres du Parti, de l’armée et des services de sécurité pourrait déstabiliser le pays, ce qui inquiète Pékin comme Séoul.
Transfuges nord-coréensCorée du Sud (plus de 30 000 personnes), Chine, pays occidentauxBeaucoup ont fui à travers la frontière chinoise du fleuve Yalu ou Tumen, surtout depuis la famine des années 1990, puis ont rejoint Séoul via des pays tiers. La Chine les considère comme des migrants économiques et en renvoie une partie, ce qui les expose à de lourdes peines ; des centaines de personnes auraient ainsi été rapatriées de force en 2023. Leur nombre d’arrivées a fortement baissé depuis la fermeture des frontières en 2020 et reste très faible.
Soldats déployés en RussieRégion de Koursk, front ukrainien, chantiers et déminage en RussieSelon Séoul et plusieurs États, Pyongyang a envoyé à l’automne 2024 plusieurs milliers de soldats combattre aux côtés de la Russie contre l’Ukraine, avec de lourdes pertes ; Pyongyang a fini par le reconnaître et honore ces troupes. Depuis, des unités de génie, de déminage et, selon l’Ukraine, de drones auraient suivi. Pour Kim, c’est une source d’argent, d’expérience du combat moderne et de technologies, et la preuve que son pays n’est plus isolé.
Travailleurs envoyés à l’étrangerChine, Russie et autres paysPyongyang envoie des ouvriers dans des usines, des chantiers ou des pêcheries pour obtenir des devises, en prélevant l’essentiel de leurs salaires. Les sanctions de l’ONU (Organisation des Nations unies) de 2017 imposaient leur rapatriement, mais des rapports indiquent que cette pratique se poursuit, notamment vers la Russie.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.