Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
PersansCentre du pays (Téhéran, Ispahan, Chiraz) et plateau iranienLe groupe dominant, autour de 60 % de la population, héritier d’un empire millénaire dont la langue et la culture structurent l’identité nationale. Le persan, ou farsi, est la langue officielle. Depuis la révolution de 1979, le pouvoir appartient au Guide suprême et au clergé chiite, appuyés sur les Gardiens de la révolution (le corps armé du régime, très présent dans l’économie). Ali Khamenei, Guide depuis 1989, a été tué dans les frappes américano-israéliennes du 28 février 2026 ; l’Assemblée des experts a désigné son fils Mojtaba le 9 mars. Plusieurs analyses estiment que le centre de gravité s’est déplacé vers les chefs des Gardiens, tandis que le président Massoud Pezeshkian, plus pragmatique, voit ses décisions limitées ; la santé et la place exactes de Mojtaba restent mal connues.
AzérisNord-Ouest (Tabriz, Ardabil, Zandjan) et TéhéranEnviron 15 à 20 % de la population, turcophones, plutôt bien intégrés et présents dans le commerce et l’appareil d’État (la famille Khamenei est d’origine azérie). Ils sont chiites comme la majorité des Iraniens. L’existence d’un Azerbaïdjan indépendant de l’autre côté de la frontière, proche d’Israël et de la Turquie, nourrit des spéculations sur d’éventuelles tensions identitaires, qui restent limitées.
KurdesOuest (Kurdistan, Kermanshah, Azerbaïdjan occidental)Environ 10 % de la population, majoritairement sunnites, dans des zones montagneuses frontalières de l’Irak et de la Turquie. Une république kurde éphémère, à Mahabad, a existé en 1946. Plusieurs partis kurdes armés, installés surtout au Kurdistan irakien, se sont regroupés en coalition en février 2026 ; depuis juin 2026, des combats opposent la branche armée du PJAK et d’autres groupes aux Gardiens de la révolution dans l’Ouest, et Téhéran frappe leurs bases en Irak. Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient tenté d’armer des manifestants via les Kurdes, ce que ces derniers démentent.
Baloutches et Arabes du KhouzistanSistan-Baloutchistan (Sud-Est) ; Khouzistan (Sud-Ouest)Les Baloutches, sunnites et parmi les populations les plus pauvres, subissent une forte répression et des violences armées, notamment de la part de groupes djihadistes comme Jaïch al-Adl, près de la frontière pakistanaise. Les Arabes du Khouzistan, région pétrolière, dénoncent leur marginalisation économique. Ces deux provinces sont sensibles car elles abritent des richesses ou des frontières stratégiques.
Société civile, femmes et jeunesGrandes villes (Téhéran, Mechhed, Ispahan, Chiraz)Une jeunesse nombreuse et diplômée, souvent hostile au régime, a été à l’origine des grandes vagues de contestation de 2009, 2019, 2022 (« Femme, vie, liberté ») puis de décembre 2025 – janvier 2026, déclenchée par l’effondrement du rial. La répression de janvier 2026 est la plus meurtrière depuis 1979 : 3 117 morts selon les autorités, plus de 6 000 morts documentés par l’ONG (organisation non gouvernementale) HRANA, et des estimations bien plus élevées, avec une coupure d’Internet. La guerre a ensuite ressoudé une partie de la population contre l’étranger, tout en aggravant les privations.
AfghansTéhéran, Mechhed, provinces de l’EstPlusieurs millions d’Afghans, arrivés surtout depuis l’invasion soviétique de 1979 puis la prise de pouvoir des talibans en 2021, vivent en Iran, souvent sans statut stable. Après la guerre de juin 2025, Téhéran en a expulsé des centaines de milliers, en les accusant parfois d’espionnage pour Israël. Ils servent de boucs émissaires en période de crise.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.