Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Chavisme, armée et colectivosCaracas, appareil d’État, casernes, quartiers populairesLe pouvoir réel est détenu depuis 1999 par le mouvement chaviste (le parti PSUV), appuyé sur l’armée, à qui l’on a confié des ministères, des entreprises publiques et le contrôle des mines, ainsi que sur la police, les services de renseignement et des groupes armés civils, les colectivos. Le 3 janvier 2026, une opération militaire américaine a capturé Nicolás Maduro et son épouse, emmenés à New York pour y être jugés. Mais l’appareil chaviste n’est pas tombé : la vice-présidente Delcy Rodríguez est devenue présidente par intérim le 5 janvier, avec l’aval de la Cour suprême, puis a remplacé en mars le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, par le chef du renseignement. Diosdado Cabello, l’homme fort de la sécurité intérieure, serait resté en place. Les États-Unis ont choisi de traiter avec ce pouvoir plutôt que de le renverser.
Opposition et société civileCaracas, Maracaibo, grandes villes, exilL’opposition, longtemps divisée, s’est rassemblée derrière María Corina Machado (prix Nobel de la paix 2025) et le candidat Edmundo González, qui affirment avoir remporté la présidentielle de juillet 2024 d’après les procès-verbaux des bureaux de vote, alors que le pouvoir avait proclamé Maduro vainqueur. Après la capture de Maduro, Washington n’a pas installé l’opposition : Donald Trump a jugé Machado peu influente à l’intérieur du pays et a reconnu Delcy Rodríguez. Des centaines de prisonniers politiques ont été libérés et une loi d’amnistie a été votée, mais des ONG (organisation non gouvernementale) en comptent encore plus de 300 en détention. Aucune date n’est fixée pour une élection ; des discussions entre gouvernement et opposition ont commencé à Caracas à l’été 2026.
Diaspora vénézuélienneColombie, Pérou, Chili, Équateur, Brésil, Espagne, États-UnisDepuis environ 2015, près de 8 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays, l’un des plus grands exodes du monde en dehors d’une guerre. Ils fuient l’effondrement économique, l’hyperinflation, les pénuries et la répression politique. La Colombie, voisine, en accueille le plus grand nombre. Beaucoup de pays ont d’abord ouvert leurs portes avant de durcir leurs règles, et les États-Unis ont retiré en 2025 les protections temporaires dont bénéficiaient des centaines de milliers de Vénézuéliens, ce qui nourrit les tensions locales et les expulsions.
Peuples autochtones (Wayuu, Pemón, Yanomami, Warao)Guajira, Amazonie et sud du pays, delta de l’OrénoqueEnviron 2 % de la population est autochtone. Ils sont touchés par l’orpaillage illégal et les groupes armés dans l’arc minier de l’Orénoque (guérillas colombiennes, bandes criminelles et militaires corrompus), qui pollue les rivières au mercure. Les Warao ont été poussés à migrer par la crise.
Métis, Afro-vénézuéliens et descendants d’immigrés européensCôte, Caracas, vallées centralesLa population, surtout métisse, comprend aussi des descendants d’Espagnols, d’Italiens et de Portugais arrivés au XXe siècle attirés par la richesse pétrolière. Ces vagues d’immigration ont fait du Venezuela une terre d’accueil avant de devenir une terre de départ. Les séismes de juin 2026, qui ont frappé le nord du pays autour de La Guaira, ont fait plus de 5 000 morts selon les bilans publiés cet été, et aggravent la précarité des plus pauvres.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.