Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Hispaniques et LatinosCalifornie, Texas, Floride, New York, Sud-OuestPremier groupe minoritaire du pays (environ un habitant sur cinq). Certains vivent sur des terres arrachées au Mexique en 1848, d’autres sont arrivés au fil du XXe siècle : Mexicains attirés par le travail agricole et industriel, Portoricains (citoyens américains depuis 1917), Cubains fuyant le régime castriste, Centraméricains fuyant guerres et violences. Ils restent car l’écart de salaires avec le pays d’origine est énorme et que leurs familles sont désormais enracinées. Leur vote est disputé par les deux grands partis : une part croissante a basculé vers les républicains en 2024, surtout chez les hommes et en Floride ou au Texas. La question des sans-papiers est au cœur du débat politique.
Afro-AméricainsSud historique, grandes villes du Nord et de l’OuestEnviron 13 % de la population, descendants pour la plupart d’Africains déportés comme esclaves entre le XVIIe siècle et 1808. L’esclavage a bâti la richesse du Sud, notamment avec le coton, et il a coûté une guerre civile (1861-1865). Après l’abolition, la ségrégation légale a duré jusqu’aux années 1960, poussant des millions de personnes vers les villes du Nord lors de la Grande Migration. Les inégalités de richesse, de logement et de justice pénale en sont les héritages directs. Ces enjeux structurent encore le débat public, des violences policières aux politiques de diversité, que l’administration Trump a cherché à démanteler dès 2025. Les électeurs noirs restent un pilier du Parti démocrate.
Peuples autochtones (Amérindiens)Réserves de l’Ouest et des Plaines, Alaska, OklahomaPremiers occupants du continent, ils ont été décimés par les maladies, les guerres et les déplacements forcés du XIXe siècle, puis enfermés dans des réserves. Environ 3 à 4 millions de personnes se déclarent uniquement autochtones, près de 10 millions en comptant les origines multiples (recensement de 2020). Les nations disposent d’une souveraineté limitée mais réelle (justice, casinos, gestion de terres). Les litiges portent sur les traités non respectés, l’accès à l’eau et l’exploitation minière ou pétrolière sur ou près de leurs terres.
Américains d’origine asiatiqueCôte ouest, New York, TexasChinois arrivés pour la ruée vers l’or et les chemins de fer au XIXe siècle, puis Japonais, Philippins, Coréens et surtout, depuis la loi de 1965, de nombreux Indiens et Chinois diplômés. Ils sont restés grâce aux filières d’études et d’emploi qualifié. Ils pèsent dans la tech et la médecine, mais font face à des tensions liées à la rivalité avec la Chine, avec des soupçons d’espionnage qui touchent parfois des chercheurs d’origine chinoise.
Évangéliques et conservateurs religieuxSud, Midwest, petites villes et campagnesEnviron un adulte sur quatre se dit protestant évangélique, et la grande majorité des évangéliques blancs vote républicain. Leur poids politique date des années 1980 : ils ont obtenu des juges conservateurs à la Cour suprême, ce qui a abouti en 2022 à la fin du droit fédéral à l’avortement. Ils soutiennent aussi le lien très étroit avec Israël. Ce bloc de militants fiables est l’une des bases les plus solides du président Trump.
Immigrés sans papiers et familles mixtesGrandes villes, Californie, Texas, Floride, secteurs agricoles et du bâtimentOn estime à 11 à 14 millions le nombre de personnes sans titre de séjour, souvent installées depuis des années, avec des enfants nés américains. Ils font tourner l’agriculture, le bâtiment et les services. Depuis 2025, l’administration Trump mène une vaste campagne d’expulsions, financée par un budget fédéral très augmenté, avec des opérations spectaculaires dans plusieurs grandes villes (Los Angeles, Chicago, Minneapolis). Elles sont contestées devant les tribunaux, qui ont à de nombreuses reprises jugé des détentions illégales.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.