Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Diaspora tunisienneFrance, Italie, Allemagne, Canada, GolfeLes Tunisiens ont émigré vers la France dès les années 1960, puis vers l’Italie toute proche, et de plus en plus vers l’Allemagne et le Canada. Les jeunes diplômés, notamment les médecins et les ingénieurs, partent en nombre devant le chômage et la crise économique. Les transferts de la diaspora aident à équilibrer les comptes extérieurs du pays.
Migrants subsahariensSfax, côte est, frontière libyenneDes milliers de migrants d’Afrique de l’Ouest et centrale, venus travailler ou embarquer vers l’Italie, vivent dans la région de Sfax ; des ONG (organisation non gouvernementale) en comptaient 20 000 à 25 000 en 2025, souvent dans des camps de fortune. Le 21 février 2023, un discours du président Kaïs Saïed les accusant de vouloir changer la composition du pays a provoqué une vague de violences et d’expulsions. Depuis, Tunis pousse aux « retours volontaires » avec l’OIM (3 295 rapatriés au premier semestre 2026 selon la presse, pour un objectif officiel de 10 000 d’ici fin 2026), et des ONG dénoncent des refoulements vers la Libye et l’Algérie. Les départs vers l’Italie ont fortement baissé depuis 2024 : la Tunisie joue désormais le rôle de garde-frontière de l’Europe, ce qui lui donne un levier de négociation.
Habitants de l’intérieur et du SudGafsa, Kasserine, Sidi Bouzid, Tataouine, Ben GuerdaneLa Tunisie reste coupée en deux : une côte est (Tunis, Sousse, Sfax) qui concentre industrie, tourisme et services, et un intérieur pauvre d’où est partie la révolution de 2011, après le suicide d’un marchand ambulant à Sidi Bouzid. Dans le bassin minier de Gafsa, les révoltes de 2008 puis les grèves ont été réprimées sans que les emplois reviennent. Dans le Sud, des villes comme Ben Guerdane vivent du commerce frontalier avec la Libye, souvent informel et difficile à contrôler pour l’État. Les coupures d’eau et d’électricité et les pénuries de médicaments signalées en 2026 touchent tout le pays.
Opposants, syndicalistes et société civileTunis, Sfax, grandes villesDepuis le coup de force du 25 juillet 2021 (Parlement suspendu, puis Constitution de 2022 aux pouvoirs présidentiels très étendus), Kaïs Saïed concentre le pouvoir ; il a été réélu en octobre 2024 avec plus de 90 % des voix mais une faible participation (environ 29 %). Des opposants de tous bords sont poursuivis : le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a vu en février 2026 sa peine portée à 20 ans en appel dans l’affaire dite de « complot ». Le principal contre-pouvoir qui reste est la centrale syndicale UGTT : le 17 octobre 2026, elle a mené avec des partis et des associations la plus grande manifestation contre Saïed depuis des années (plus de 3 000 personnes selon l’AFP), pour la libération des détenus d’opinion, les libertés syndicales et contre la vie chère.
Amazighs et juifs de DjerbaDjerba, Matmata, Tataouine ; Houmt SoukLes Amazighs, très minoritaires, ont gardé leur langue dans quelques villages du sud, tandis que la vie culturelle amazighe se relance depuis 2011. Sur l’île de Djerba vit l’une des dernières communautés juives du monde arabe, d’environ 1 500 personnes, centrée autour de la synagogue de la Ghriba, lieu de pèlerinage. Elle a été visée par des attaques en 2002 et en 2023.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.