Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Sino-ThaïsBangkok et grandes villes, dans tout le paysArrivés surtout au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, notamment du Guangdong (Teochew), ils se sont mêlés aux Thaïs plus que dans tout autre pays de la région. Quelques grandes familles sino-thaïes, derrière des groupes comme Charoen Pokphand ou ThaiBev, dominent le commerce, la banque et l’agroalimentaire, et pèsent sur les partis. Leur intégration, très avancée, évite les tensions communautaires qu’on voit ailleurs.
Isan (Thaïs d’origine lao)Nord-Est du pays (Isan)C’est la région la plus peuplée et l’une des plus pauvres, de langue et de culture lao, intégrée au Siam au fil de l’assimilation. Elle est le bastion électoral des « chemises rouges » et des partis liés à Thaksin Shinawatra. L’armée, les élites de Bangkok proches du palais et les tribunaux les ont combattus par les coups d’État de 2006 et 2014 et par des dissolutions de partis.
Malais musulmans du Sud profondProvinces de Pattani, Yala et NarathiwatCe territoire, ancien sultanat de Pattani, a été rattaché au Siam par un traité avec les Britanniques en 1909. Majoritairement musulmans et de langue malaise, ses habitants ont subi une politique d’assimilation, et une insurrection menée surtout par le mouvement BRN a repris en 2004. Elle a fait des milliers de morts, et des pourparlers de paix avec Bangkok, facilités par la Malaisie, n’ont pas abouti. L’armée y maintient un régime d’exception.
Peuples des collinesNord et ouest, frontières avec la Birmanie et le LaosKarens, Hmongs, Akhas et d’autres ont migré depuis la Birmanie, le Laos et la Chine, souvent à la faveur des guerres. Environ un million de personnes ne disposent que d’un statut précaire, voire n’ont pas la nationalité thaïlandaise, ce qui limite leur accès aux droits et aux terres.
Migrants et réfugiés birmansZones industrielles, pêche, agriculture ; camps à la frontièreDes millions de Birmans, de Cambodgiens et de Laotiens travaillent dans le bâtiment, la pêche et les usines, souvent dans des conditions précaires. S’y ajoutent des dizaines de milliers de réfugiés de la guerre en Birmanie dans les camps frontaliers, et de nouveaux arrivants depuis le coup d’État de 2021. Des centaines de milliers de Cambodgiens sont rentrés chez eux en 2025 après la fermeture de la frontière.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.