Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Zaghawas et Goranes (Toubous)Est et nord : Ennedi, Tibesti, BorkouLes Zaghawas, éleveurs nomades qui vivent des deux côtés de la frontière avec le Darfour, ont fourni le clan du président Idriss Déby, au pouvoir de 1990 à sa mort en 2021 au front contre des rebelles, puis de son fils Mahamat. Les Goranes (Toubous), peuple du Sahara, ont eux aussi fourni des chefs rebelles. L’armée et les postes clés reposent sur des proches du clan, au détriment du Sud, et la guerre au Soudan divise les Zaghawas : ceux du Darfour combattent les Forces de soutien rapide (FSR), alors que Khartoum accuse le pouvoir tchadien de leur laisser un passage, ce que N’Djamena dément.
Saras et peuples du SudSud : Moundou, SarhLes populations du Sud, majoritairement chrétiennes et agricoles, ont dominé l’État à l’indépendance, sous François Tombalbaye, avant d’être écartées par les conflits des années 1970-1980. Le Sud est plus fertile et plus peuplé, mais il estime recevoir peu de pouvoir politique malgré les revenus du pétrole de Doba, situé sur son territoire.
Réfugiés soudanaisEst : Adré, camps d’OuaddaïDepuis la guerre au Darfour en 2003, puis l’éclatement du conflit au Soudan en avril 2023, plus d’un million de réfugiés soudanais se trouvent au Tchad, surtout des Massalits et d’autres peuples non arabes. Ils sont accueillis dans l’un des pays les plus pauvres du monde, avec peu d’aide. La situation est l’une des plus grandes crises humanitaires actuelles.
Peuples du lac TchadRégion du Lac, ouestLes Kanembous, les Boudoumas et d’autres vivent de la pêche et de l’élevage. Le lac a perdu une grande partie de sa surface depuis les années 1960 et a servi de refuge à Boko Haram. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par les violences et par le climat.
Arabes tchadiensCentre-est et frontière du Darfour (Ouaddaï, Salamat, Batha)Des communautés arabes et nomades vivent des deux côtés de la frontière avec le Darfour et sont liées par des familles aux groupes arabes soudanais dont viennent beaucoup de combattants des FSR (Forces de soutien rapide). Des observateurs craignent que la guerre au Soudan ne dresse ces communautés contre les Zaghawas et les Massalits réfugiés. Le pouvoir de N’Djamena, lui-même issu des Zaghawas, doit ménager ces équilibres délicats.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.