Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
DinkasBahr el-Ghazal, Jonglei, JubaLes Dinkas sont le premier peuple du pays, environ un tiers de la population, éleveurs de bovins sur de vastes zones. Le président Salva Kiir est dinka et ce groupe domine largement l’armée et l’État, ce qui nourrit le sentiment de marginalisation des autres communautés. Kiir a 75 ans et sa succession reste un enjeu : Benjamin Bol Mel, un temps présenté comme son dauphin, a été limogé de la vice-présidence en novembre 2025.
NuersHaut-Nil, Unité, JongleiLes Nuers, deuxième groupe du pays, sont éleveurs et guerriers. Leur chef politique, Riek Machar, est l’ancien vice-président et le rival de Kiir. En décembre 2013, un conflit entre les deux hommes a dégénéré en guerre civile ethnique (environ 400 000 morts selon l’ONU (Organisation des Nations unies)), puis des accords de paix, signés en 2018, ont été fragilisés. Machar est assigné à résidence depuis mars 2025 et jugé à Juba depuis le 22 septembre 2025 pour trahison, meurtre et crimes contre l’humanité, ce qu’il nie. Fin 2025, son mouvement SPLA-IO et les milices nuers de l’« armée blanche » ont attaqué des positions de l’armée au Jonglei ; l’armée a lancé une contre-offensive en janvier 2026 et, selon l’ONU, 226 000 à 280 000 personnes étaient déplacées dans cet État fin février.
Peuples d’Équatoria et autres minoritésSud : Yei, Torit, Yambio ; JongleiLes Zandés, les Bari, les Murles et d’autres groupes de l’Équatoria ou de l’est se sentent peu représentés dans les institutions dominées par les Dinkas et les Nuers. Les conflits locaux sur le bétail et la terre, parfois armés par l’État, restent fréquents. Beaucoup de civils de ces régions ont fui vers l’Ouganda.
Ngok Dinkas et Misseriya d’AbyeiAbyei, frontière avec le SoudanLa région d’Abyei, riche en pâturages et en pétrole, est revendiquée par le Soudan et par le Soudan du Sud. Les Ngok Dinkas, installés sur place, veulent être rattachés au Sud, tandis que les Misseriya, éleveurs arabes du Soudan, y viennent chaque année avec leurs troupeaux. Son statut n’a jamais été réglé depuis l’indépendance de 2011 et une force de l’ONU (Organisation des Nations unies), l’UNISFA, y est déployée.
Réfugiés et déplacésOuganda, Soudan, Éthiopie, Kenya ; camps internesLe Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, a vu environ deux millions de ses habitants se réfugier à l’étranger, surtout en Ouganda, et autant déplacés à l’intérieur. Depuis la guerre au Soudan en 2023, des centaines de milliers de rapatriés et de réfugiés soudanais sont arrivés dans un pays déjà très fragile. Les inondations et la faim aggravent la situation.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.