Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Clans somaliens (Darod, Hawiye, Dir, Rahanweyn, Isaaq)Dans tout le pays, du sud à la CorneLes Somaliens partagent langue et religion mais sont divisés en grandes familles de clans, qui servent de base à l’identité politique : les Hawiye autour de Mogadiscio (dont est issu le président Hassan Sheikh Mohamud), les Darod au Puntland et au Jubaland, les Rahanweyn dans le sud-ouest, les Isaaq au Somaliland. Après la chute du dictateur Siad Barre en 1991, ces clans ont été les principaux acteurs des guerres, et les postes politiques se répartissent toujours selon la règle dite du « 4,5 ». La crise de 2026 vient de là : le président affirme que sa mandature court jusqu’en mai 2027 après une révision de la Constitution de mars 2026, alors que l’opposition, le Puntland et le Jubaland jugent son mandat expiré depuis le 15 mai 2026 ; des combats à Mogadiscio ont fait une dizaine de morts, selon la presse.
SomalilandersNord du pays (Hargeisa, Berbera), ex-Somaliland britanniqueLe nord, ancien protectorat britannique, s’est proclamé indépendant en 1991 après les bombardements d’Hargeisa par le régime de Siad Barre en 1988. Le Somaliland a sa monnaie, ses élections (alternances en 2010, 2017 et 2024) et son armée, mais n’avait été reconnu par aucun État jusqu’à ce qu’Israël le fasse, le 26 décembre 2025 ; l’Union africaine et la Somalie condamnent cette décision. Les clans dhulbahante de Las Anod ont chassé l’administration du Somaliland en 2023 et se sont tournés vers Mogadiscio.
Déplacés internesCamps autour de Mogadiscio, Baidoa et dans le sudEnviron trois millions de Somaliens sont déplacés, chassés par les sécheresses répétées, par les combats et par les insurgés d’Al-Shabaab, le mouvement jihadiste lié à Al-Qaïda qui contrôle encore des zones rurales du centre et du sud et prélève des « taxes » jusque dans la capitale. Beaucoup se sont installés autour des grandes villes, dans des camps précaires où l’aide humanitaire est irrégulière.
Diaspora somalienneRoyaume-Uni, États-Unis (Minnesota), Scandinavie, Kenya, GolfeLa guerre civile a poussé des centaines de milliers de Somaliens à l’étranger, où ils forment l’une des plus grandes diasporas africaines. Leurs transferts d’argent, de plus d’un milliard de dollars par an selon les estimations, représentent une part importante de l’économie et alimentent aussi bien le commerce que les familles.
Bantous de la vallée de la Jubba et minorités côtièresBasse Jubba, Shabelle, ports du sudDescendants en partie d’esclaves amenés d’Afrique de l’Est ou de populations installées avant les clans somali, ils ont été marginalisés et ont souvent été pillés pendant la guerre civile. Ils sont peu représentés dans les institutions.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.