Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Diaspora portugaiseFrance, Suisse, Luxembourg, Brésil, États-Unis, Canada, VenezuelaLe Portugal est un pays d’émigration depuis des siècles. Dans les années 1960 et 1970, des centaines de milliers de Portugais ont fui la pauvreté, la dictature de Salazar et le service dans les guerres coloniales, surtout vers la France. Les transferts d’argent des émigrés ont longtemps soutenu l’économie. Leurs descendants, nombreux, conservent des liens forts avec le pays, et la crise de 2011 a relancé une émigration de jeunes diplômés.
Retraités et nomades numériques étrangersLisbonne, Algarve, PortoRégime fiscal avantageux pour les retraités, visas « dorés » liés à l’immobilier (restreints en 2023) et télétravail ont attiré des Britanniques, des Français, des Américains et des Nord-Européens. Ils ont fait monter les loyers et les prix, ce qui alimente la colère des jeunes Portugais sur le logement, un thème que les partis populistes exploitent.
Retornados et Africains lusophonesLisbonne et sa banlieue, Porto, AlgarveLa révolution des Œillets de 1974 a mis fin à l’empire colonial portugais en Afrique : Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, Cap-Vert, Sao Tomé. Des centaines de milliers de colons et de familles, les retornados, sont revenus en 1975. Des Africains des anciennes colonies, Capverdiens en particulier, sont aussi venus travailler dans le bâtiment et les services. Leurs quartiers de la banlieue de Lisbonne sont marqués par la pauvreté et la discrimination.
BrésiliensLisbonne, Porto, AlgarveLes Brésiliens forment aujourd’hui la première communauté étrangère du pays. Ils sont attirés par la langue commune, les liens historiques et, pendant des années, par des règles d’installation faciles. Plusieurs crises économiques et politiques au Brésil ont renforcé les départs. Le Portugal a durci ses règles de séjour et de nationalité sous la pression du débat politique : une nouvelle loi sur la nationalité, adoptée le 1er avril 2026 après une première version censurée par la Cour constitutionnelle, a été promulguée le 3 mai, mais la Cour a de nouveau retoqué, le 8 mai, la disposition permettant de retirer la nationalité à titre de peine.
Travailleurs d’Asie du Sud (Inde, Népal, Bangladesh)Alentejo, Algarve, LisbonneDes Indiens, des Népalais et des Bangladais travaillent dans l’agriculture intensive, comme les serres de l’Alentejo, et dans la restauration. Ils viennent car les entreprises manquent de main-d’œuvre et que les salaires sont supérieurs à ceux de leurs pays. Ils sont exposés à l’exploitation par des réseaux de recrutement, un sujet suivi par la justice portugaise.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.