PendjabisPendjab, centre-est du paysIls représentent environ la moitié de la population et dominent l’armée, l’administration et l’économie. Cette prééminence nourrit le ressentiment des autres provinces, qui estiment recevoir moins que leur part des ressources et du pouvoir. Le vrai centre de décision est l’armée : le maréchal Asim Munir, promu en mai 2025, est depuis décembre 2025 « chef des forces de défense » avec pouvoir sur les trois armes, un mandat prolongé jusqu’en 2027 et une immunité à vie, à la suite du 27ᵉ amendement de la Constitution, qui a aussi créé une Cour constitutionnelle fédérale. Les gouvernements civils (Ligue musulmane de Shehbaz Sharif, Parti du peuple pakistanais du président Zardari) gouvernent sous sa tutelle ; ses critiques parlent d’un pas de plus vers un régime autoritaire.
PachtounesKhyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), nord du Balouchistan, KarachiPeuple partagé entre le Pakistan et l’Afghanistan par la ligne Durand, tracée par les Britanniques en 1893 et jamais acceptée par Kaboul. Le Pakistan a utilisé les réseaux pachtounes lors de la guerre soviétique en Afghanistan, ce qui a nourri un islamisme armé qui a ensuite frappé le pays, comme avec les talibans pakistanais (TTP), dont les attaques ont fait de 2025 l’année la plus meurtrière depuis plus de dix ans. La province du Khyber Pakhtunkhwa est dirigée par le parti de l’ancien Premier ministre Imran Khan, emprisonné depuis août 2023 ; le pouvoir central y a imposé le 11 octobre 2026 l’état d’urgence et le « gouvernement du gouverneur », en invoquant l’aggravation du terrorisme.
BaloutchesBalouchistan, sud-ouest, province la plus vaste et la moins peupléePeuple de langue iranienne, aussi présent en Iran et en Afghanistan, rattaché au Pakistan en 1948 après un bref État indépendant. Plusieurs insurrections depuis 1948 réclament plus d’autonomie ou l’indépendance, au motif que les richesses de la province (gaz, minerais, port de Gwadar) bénéficient surtout à l’extérieur. L’Armée de libération du Balouchistan (BLA) a multiplié les attaques en 2025, dont le détournement d’un train en mars, et vise régulièrement les projets et les ressortissants chinois ; Islamabad accuse l’Inde de la soutenir, ce que Delhi nie. Les militants non violents (disparitions forcées, arrestations de dirigeantes comme Mahrang Baloch) dénoncent une répression.
SindhisSindh (sud-est), Karachi, vallée basse de l’IndusPeuple de langue sindhie, fidèle depuis longtemps au Parti du peuple pakistanais. Ils vivent en aval de l’Indus et redoutent tout détournement d’eau : un projet de canaux dans le Cholistan a provoqué de fortes protestations en 2025. Karachi, capitale économique du pays, est un mélange de Sindhis, de mohajirs et de Pachtounes, théâtre de violences politiques récurrentes.
Mohajirs et réfugiés afghansKarachi (mohajirs) ; Khyber Pakhtunkhwa et Balouchistan (Afghans)Les mohajirs sont des musulmans venus d’Inde lors de la partition de 1947, installés à Karachi, souvent dans l’administration et le commerce. Des millions d’Afghans sont arrivés depuis l’invasion soviétique de 1979 ; depuis 2023, le Pakistan expulse massivement ceux qui sont en situation irrégulière, y compris des familles installées de longue date. Ces expulsions s’inscrivent dans la crise avec les talibans afghans, accusés d’abriter le TTP (Tehrik-e-Taliban Pakistan (mouvement des talibans du Pakistan)).
Minorités religieuses (Ahmadis, chiites, chrétiens, hindous)Pendjab, Quetta (Hazaras chiites), Sindh (hindous)Environ 4 % de la population. Les Ahmadis ont été déclarés non-musulmans par la Constitution en 1974 et sont privés de nombreux droits ; les chiites, notamment les Hazaras de Quetta, sont régulièrement visés par des attentats ; les chrétiens et les hindous subissent la loi sur le blasphème, qui sert souvent à régler des conflits personnels. Les partis religieux, soutenus par l’armée à d’autres moments, pèsent sur la vie publique.