Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Pahari (Khas, brahmanes, chhetris)Collines du centre et de l’ouest, KatmandouLes groupes de castes hautes des collines ont dominé l’État depuis l’unification du pays par la dynastie Shah au XVIIIᵉ siècle. Ils détiennent encore une part disproportionnée des postes politiques et administratifs, ce qui nourrit des revendications d’inclusion. Trois hommes de cette élite (Oli, Deuba, Prachanda) se partageaient le pouvoir depuis la fin de la monarchie en 2008 : en septembre 2025, l’interdiction de 26 réseaux sociaux a déclenché une révolte de la jeunesse « Gen Z » (au moins 51 morts, Parlement incendié, démission d’Oli), puis les élections du 5 mars 2026 ont balayé les vieux partis. Le RSP de Balen Shah, ex-maire de Katmandou de 35 ans, a obtenu 182 sièges sur 275 (Congrès 38, UML 25).
MadhesisPlaine du Teraï, au sud, le long de la frontière indienneLeurs liens familiaux, linguistiques et religieux avec l’Inde voisine (Bihar, Uttar Pradesh) les font parfois soupçonner de loyauté douteuse par les élites des collines. Ils ont obtenu plus de droits après des soulèvements en 2007-2008 et 2015, quand ils se sont opposés au tracé des provinces de la nouvelle Constitution, ce qui a mené à un blocus frontalier par l’Inde.
Janajatis (Tamangs, Newars, Gurungs, Tharus, Sherpas)Collines, montagnes et TeraïCes peuples autochtones représentent plus d’un tiers de la population et ont leurs langues et religions propres (bouddhisme, shamanisme). Les Newars sont les bâtisseurs de la vallée de Katmandou ; les Sherpas sont devenus les guides de l’Everest. Ils réclament une plus grande part du pouvoir et le respect de leurs terres.
DalitsDans tout le pays, surtout dans les villagesEnviron un habitant sur huit, ils restent victimes d’une discrimination de caste en dépit de la loi qui l’interdit depuis 1963 et d’une Constitution de 2015 qui garantit leurs droits. Leur pauvreté et leur exclusion alimentent la migration de travail.
Réfugiés tibétainsKatmandou (Boudhanath, Swayambhu), Pokhara, camps du centreArrivés surtout après 1959, ils seraient de l’ordre de 12 000 selon les estimations courantes et n’ont pas de statut juridique clair. Sous la pression de Pékin, le grand voisin du nord, le Népal applique la politique d’une seule Chine : rassemblements tibétains limités, surveillance de la frontière. Selon des analystes, Pékin s’inquiète encore de ce qu’il perçoit comme une tolérance de Katmandou envers des activités pro-tibétaines.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.