Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Malais et autres bumiputerasCôte est de la péninsule, campagnes et administrationLes Malais, musulmans par la Constitution, forment avec les peuples autochtones les « fils de la terre » (bumiputeras), environ 70 % de la population. Après les émeutes raciales de 1969, la Nouvelle politique économique (1971) leur a réservé des quotas dans l’éducation, l’emploi et la propriété pour réduire l’écart avec les Chinois. Ce système, toujours en vigueur sous d’autres formes, structure la vie politique. Neuf souverains héréditaires gardent un poids réel : le roi (Agong) est élu à tour de rôle, et le sultan de Johor, Ibrahim, l’est depuis janvier 2024.
Chinois de MalaisiePenang, Kuala Lumpur, Johor, Ipoh, SarawakEnviron 22 % de la population, ils sont arrivés surtout au XIXᵉ siècle pour travailler dans les mines d’étain et le commerce sous domination britannique. Ils contrôlent une grande part du commerce et de l’industrie, mais s’estiment désavantagés par les quotas bumiputeras, ce qui nourrit l’émigration vers Singapour et l’Occident.
Indiens de MalaisiePlantations, banlieues de Kuala Lumpur, PenangEnviron 7 % de la population, en majorité des Tamouls, ils ont été amenés par les Britanniques pour travailler dans les plantations d’hévéa. Beaucoup sont restés pauvres après la fermeture des plantations, et leurs organisations se plaignent de marginalisation.
Peuples de Bornéo et Orang AsliSabah et Sarawak (Bornéo) ; forêts de la péninsuleLes Ibans, les Kadazan-Dusuns et d’autres peuples vivent dans les deux États de Bornéo, qui ont obtenu des garanties d’autonomie en rejoignant la fédération en 1963. Sarawak, qui détient environ 60 % des réserves de gaz du pays, réclame d’en contrôler la vente et le conflit avec Petronas est allé jusqu’en justice (voir ressources). Les Orang Asli, premiers habitants de la péninsule, sont peu nombreux et souvent déplacés par l’exploitation forestière et les plantations.
Travailleurs migrants et réfugiésPlantations de palme, usines de Penang et Johor, chantiers, Kuala LumpurPlusieurs millions d’étrangers, Indonésiens, Bangladais, Népalais, Birmans, dont beaucoup sans papiers, font tourner les plantations, les usines de puces et le bâtiment. Près de 200 000 réfugiés, surtout des Rohingyas fuyant la Birmanie, sont enregistrés par l’ONU (Organisation des Nations unies), mais la Malaisie n’a pas signé la convention sur les réfugiés et leur refuse un statut légal. La question est sensible en politique, entre besoin de main-d’œuvre et rejet des étrangers.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.