Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
HaratinesDans tout le pays, surtout vallée du fleuve et zones ruralesLes Haratines, souvent estimés à 40 % de la population, sont les descendants de personnes asservies par les Maures blancs. Ils parlent l’arabe hassanya. L’esclavage a été aboli en 1981, puis criminalisé en 2007, mais des pratiques d’asservissement et une forte discrimination subsistent. Leur militant le plus connu, Biram Dah Abeid, du mouvement IRA, est arrivé deuxième à la présidentielle de 2024 avec environ 22 % des voix, derrière le président Ghazouani.
Maures blancs (Beydane)Nord et centre, NouakchottLes Beydane, arabophones d’ascendance arabo-berbère, ont longtemps dominé l’État, l’armée et le commerce, et le président Mohamed Ould Ghazouani, ancien général, en est issu. Leur place dominante nourrit les frustrations des autres communautés. Ils sont divisés en tribus et fractions, qui comptent dans la vie politique : le pouvoir repose sur des équilibres entre elles et sur l’armée.
Négro-Mauritaniens (Peuls, Soninkés, Wolofs)Vallée du fleuve SénégalCes communautés vivent depuis toujours de part et d’autre du fleuve. En 1989, un conflit avec le Sénégal a provoqué l’expulsion de dizaines de milliers de Mauritaniens noirs, dont une partie est revenue dans les années 2000. Ils réclament toujours la restitution de leurs terres, la reconnaissance des violences subies et une meilleure représentation.
Réfugiés maliens de MberaCamp de Mbera, sud-estDepuis la guerre de 2012 au Mali, puis l’aggravation des violences dans le centre et le nord, des réfugiés, surtout touaregs et arabes, se sont installés au camp de Mbera, près de la frontière. Il en abrite près de 120 000 alors qu’il était prévu pour environ 70 000, et la région du Hodh Ech-Chargui compte quelque 290 000 réfugiés maliens en 2026 selon des chiffres cités par Amnesty. En mars 2026, l’armée malienne a affirmé que deux de ses soldats détenus par des groupes armés s’étaient échappés d’un camp en Mauritanie ; Nouakchott a démenti, jugé l’accusation « infondée » et convoqué l’ambassadeur malien.
Migrants subsahariensNouadhibou, NouakchottDevenue en 2023-2024 l’un des principaux points de départ des pirogues vers les îles Canaries, la Mauritanie héberge des dizaines de milliers de migrants d’Afrique de l’Ouest, souvent à Nouadhibou. Selon des ONG (organisation non gouvernementale) et le Mali, des vagues d’arrestations et d’expulsions ont eu lieu en 2025. Les arrivées aux Canaries ont chuté d’environ deux tiers au premier semestre 2026 par rapport à 2025 selon les chiffres espagnols, mais les garde-côtes mauritaniens avertissaient en juin d’un regain de départs, venus surtout du Sénégal et de Gambie.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.