Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
BamarsPlaines centrales et delta de l’IrrawaddyEnviron deux tiers de la population, de religion bouddhiste, ils ont fondé les grands royaumes précoloniaux et dominent l’armée et l’État depuis l’indépendance de 1948. Cette domination nourrit le sentiment des minorités d’être traitées en citoyens de seconde zone, et en partie la guerre civile continue depuis 1948. Les Britanniques, qui avaient conquis le pays en trois guerres (1824-1885), avaient administré les zones de collines à part, ce qui a figé ce clivage.
Karens, Kachins, Shans et autres minorités frontalièresRégions de collines et de montagnes, aux frontières avec la Thaïlande, la Chine et l’IndeCes peuples, majoritairement chrétiens ou bouddhistes, ont été administrés séparément par les Britanniques. L’accord de Panglong (1947) leur promettait l’autonomie, mais il n’a jamais été appliqué, et ils se sont soulevés après l’indépendance, formant l’une des plus anciennes guerres civiles du monde. Leurs territoires regorgent de ressources (jade, minerais, bois) disputées par l’armée et par les groupes armés, avec une influence chinoise forte du côté de la frontière. Depuis 2021, la Kachin Independence Army et la Karen National Union combattent aux côtés de la résistance anti-junte.
WaNord-est de l’État shan, frontière chinoise (Panghsang)Leur armée, l’United Wa State Army, est considérée comme la plus puissante des armées ethniques, avec plusieurs dizaines de milliers de soldats selon les estimations. Armés et soutenue par la Chine, elle gère une zone quasi autonome vivant de l’économie transfrontalière, dont, selon l’ONU (Organisation des Nations unies), les drogues de synthèse. Elle reste largement à l’écart de la guerre civile tout en fournissant des armes à d’autres groupes.
RohingyasNord de l’État d’Arakan (Rakhine), camps au BangladeshMusulmans présents en Arakan depuis plusieurs siècles, ils sont privés de nationalité depuis la loi de 1982, qui les traite comme des immigrés du Bengale. Une opération militaire en 2017 a poussé environ 700 000 d’entre eux au Bangladesh, ce que l’ONU (Organisation des Nations unies) a qualifié de nettoyage ethnique. La Cour internationale de justice a examiné au fond la plainte de la Gambie pour génocide en janvier 2026 ; selon les informations disponibles, son jugement n’est pas encore rendu. Ceux restés sur place sont pris entre l’armée, qui les enrôle de force, et l’Arakan Army, accusée d’exactions contre eux.
Arakanais (Rakhine)État d’Arakan, ouest du paysBouddhistes, ils ont eux aussi un grief contre le pouvoir central, qui a longtemps négligé la région. L’Arakan Army, leur force armée, a pris depuis 2023 le contrôle de la quasi-totalité de l’État, au point d’y bâtir une administration parallèle. Son rapport avec les Rohingyas et la question de ses relations avec Pékin et Delhi en font l’acteur le plus scruté de la guerre.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.