Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Amazighs (Berbères)Rif, Moyen et Haut Atlas, Souss, sud-estLes Amazighs sont les habitants les plus anciens du Maghreb, bien avant l’arrivée des Arabes au VIIe siècle. Au Maroc, beaucoup ont gardé leur langue (rifain, tamazight, tachelhit) et forment, selon les estimations, entre un tiers et près de la moitié de la population. Longtemps marginalisée, leur langue est devenue officielle en 2011 après le Printemps arabe. Les revendications portent aujourd’hui sur l’enseignement, les terres collectives et les régions délaissées, comme le Rif.
Diaspora marocaine (MRE)France, Espagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, AllemagneDes accords de main-d’œuvre signés dans les années 1960 avec la France, la Belgique et les Pays-Bas ont déclenché le départ de centaines de milliers de Marocains, rejoints ensuite par leurs familles. Ils sont environ cinq millions à vivre à l’étranger, avec leurs enfants. Leurs transferts d’argent dépassent 10 milliards de dollars par an et comptent parmi les premières sources de devises du pays. Le Maroc entretient ce lien par des consulats actifs, des mosquées et une politique d’influence auprès de la communauté.
Communauté juive marocaineCasablanca, Essaouira, et en IsraëlEnviron 250 000 juifs vivaient au Maroc vers 1948. La création d’Israël, l’instabilité régionale et les départs organisés les ont presque tous conduits à partir vers Israël, la France et le Canada. Il n’en reste que quelques milliers, mais leurs descendants, environ un million en Israël, forment un pont diplomatique : il a pesé dans la normalisation des relations avec Israël en 2020.
SahraouisSahara occidental (contrôlé à environ 80 % par le Maroc), camps de TindoufPeuple arabophone de nomades du désert, les Sahraouis étaient sous domination espagnole jusqu’en 1975. Cette année-là, le Maroc a envoyé 350 000 civils lors de la « Marche verte » puis occupé le territoire, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, a pris les armes. La guerre a duré jusqu’au cessez-le-feu de 1991, qui promettait un référendum jamais organisé ; le Polisario a repris les armes en novembre 2020. Aujourd’hui une partie des Sahraouis vit sous administration marocaine, l’autre dans les camps de Tindouf, et le Maroc contrôle l’essentiel du territoire derrière un long mur de sable fortifié.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.