Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
CinghalaisSud, centre et ouestMajoritaires (environ trois quarts de la population) et surtout bouddhistes, ils se considèrent comme les gardiens de la tradition bouddhiste de l’île. Depuis l’indépendance de 1948, plusieurs mesures, dont le cinghalais comme seule langue officielle en 1956, ont été perçues comme discriminatoires par les Tamouls. La famille Rajapaksa, qui avait incarné la victoire militaire de 2009, a été chassée du pouvoir par la révolte populaire de 2022 (le président Gotabaya a fui en juillet) ; en septembre 2024, Anura Dissanayake, issu d’une gauche longtemps marginale, a été élu président, et sa coalition NPP a obtenu 159 sièges sur 225 en novembre.
Tamouls du Nord et de l’EstPéninsule de Jaffna, Nord et EstHindous en majorité, présents depuis des siècles, ils ont mené avec les Tigres tamouls (LTTE) une guerre civile pour un État séparé de 1983 à 2009. Elle a fait des dizaines de milliers de morts, les derniers mois étant marqués par de graves accusations de crimes de guerre, notamment contre l’armée. Les questions de disparus, de terres occupées par l’armée et de justice restent ouvertes, et la loi antiterroriste héritée de la guerre, promise à l’abrogation, restait en vigueur en 2025. Lors des législatives de novembre 2024, le parti au pouvoir à Colombo (NPP) a fait une percée inédite dans le Nord, au détriment des partis tamouls traditionnels.
Tamouls des plantationsHautes terres du centre (Nuwara Eliya, Kandy)Les Britanniques les ont fait venir de l’Inde du Sud au XIXᵉ siècle pour travailler dans les plantations de thé. Beaucoup sont restés apatrides jusqu’à la fin du XXᵉ siècle. Ils comptent parmi les plus pauvres du pays, avec de faibles salaires et un accès limité aux terres.
MusulmansCôte est, Colombo et villes du sud-ouestEnviron un habitant sur dix, descendants de commerçants arabes et de l’océan Indien, ils parlent tamoul. Pris entre Cinghalais et Tamouls pendant la guerre, ils ont été chassés du Nord par les Tigres en 1990. Ils ont été visés par des violences après les attentats de Pâques 2019.
Veddas (Wanniyalaeto)Forêts de l’Est et du centre-est, autour de DambanaPremiers habitants de l’île, ils ne sont plus que quelques milliers et ont longtemps vécu de chasse et de cueillette en forêt. La création de parcs nationaux et de grands chantiers d’irrigation les a privés d’une partie de leurs terres, et beaucoup parlent aujourd’hui cinghalais et vivent de façon sédentaire. Leurs représentants réclament l’accès à leurs forêts et la reconnaissance de leur statut de peuple autochtone.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.