Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
AmazighsDjebel Nefoussa, ZouaraPremiers habitants de la région, les Amazighs ont été réprimés sous Kadhafi, qui interdisait leur langue et leur culture au nom du nationalisme arabe. Ils ont été parmi les premiers à prendre les armes en 2011 et réclament depuis la reconnaissance officielle de leur langue et une place dans les institutions. Leurs milices contrôlent plusieurs villes de l’ouest.
Toubous et TouaregsSud : Koufra, Sebha, Ghat, OubariCes peuples du Sahara vivent à cheval sur la Libye, le Tchad, le Niger et l’Algérie. Marginalisés avant 2011, certains ont combattu dans les armées de Kadhafi, d’autres se sont enrôlés dans des milices après sa chute. Ils contrôlent des routes de contrebande, de migrants et d’or, et sont pris dans des rivalités locales et dans les conflits des pays voisins.
Déplacés de TawerghaCamps à Benghazi, Tripoli, ailleursEn 2011, la ville de Tawergha, accusée d’avoir soutenu Kadhafi lors du siège de Misrata, a été vidée de ses habitants par des milices de Misrata. Des dizaines de milliers de personnes sont devenues déplacées. Leur retour, promis dans des accords de réconciliation, avance très lentement.
Migrants et réfugiésTripoli, côte ouest, sud désertiqueLa Libye accueille plus de 700 000 migrants selon l’Organisation internationale pour les migrations, souvent venus du Niger, du Soudan, d’Égypte et de Corne de l’Afrique. Beaucoup travaillent dans l’économie informelle, d’autres tentent la traversée vers l’Italie. Des centres de détention, tenus par des milices et par l’État, sont régulièrement dénoncés par l’ONU (Organisation des Nations unies) pour tortures et trafics.
Misratis et grandes villes-milices de l’OuestMisrata, Zintan, Tripoli (Tajoura, Souq al-Joumaa)Depuis 2011, le pouvoir dans l’Ouest repose sur des brigades de quartier ou de ville, payées par l’État mais peu contrôlées, dont les plus puissantes viennent de Misrata. Elles ont arrêté l’offensive de Haftar contre Tripoli en 2019-2020. En mai 2025, la mort d’un chef de milice, Abdelghani al-Kikli, a déclenché les combats les plus graves à Tripoli depuis des années, entre forces du Premier ministre Dbeibah et force Radaa. Selon la presse, les dirigeants de Misrata refusent tout accord qui donnerait le pouvoir à Saddam Haftar, fils du maréchal.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.