KhmersDans tout le pays, plaines du Mékong et du Tonlé SapEnviron 95 % de la population, héritiers de l’empire d’Angkor, qui dominait la région du IXᵉ au XVᵉ siècle. Ils ont été les principales victimes du régime des Khmers rouges (1975-1979), qui a causé la mort de près de deux millions de personnes. Le souvenir du génocide reste très présent.
ChamsProvinces de Kampong Cham et autour du Tonlé SapMusulmans, descendants des habitants du royaume du Champa vaincu par le Viêt Nam, ils ont fui au Cambodge depuis le XVᵉ siècle. Ils ont été persécutés par les Khmers rouges, qui ont interdit leur religion. Ils forment environ 1 à 2 % de la population.
Vietnamiens du CambodgePhnom Penh, delta du Mékong, villages flottants du Tonlé SapInstallés depuis l’époque coloniale française et après, ils ont subi des massacres en 1970 et sous les Khmers rouges. Le sentiment antivietnamien reste un thème politique puissant, d’autant que Hanoï a renversé les Khmers rouges en 1979. Beaucoup sont aujourd’hui apatrides ou sans papiers.
Sino-KhmersPhnom Penh, Sihanoukville, villes commerçantesDescendants de commerçants arrivés depuis des siècles, ils ont longtemps tenu le commerce urbain. Ils ont été persécutés sous les Khmers rouges, puis réapparus comme élite économique. Leurs liens avec la Chine s’intensifient avec les investissements chinois.
Peuples autochtones des hauts plateaux (Bunong, Jarai, Kuy…)Provinces de Mondulkiri, Ratanakiri, Stung Treng, Preah VihearDes dizaines de milliers de personnes vivent de l’agriculture itinérante et de la forêt, avec des croyances propres. Depuis les années 2000, l’État a concédé de grandes surfaces à des sociétés cambodgiennes, vietnamiennes et chinoises (hévéas, plantations, barrages), souvent sans consultation des villages. Les conflits de terres, la déforestation et les expulsions sont devenus leur principal enjeu.
Travailleurs migrants cambodgiens en ThaïlandeProvinces thaïlandaises voisines (Sa Kaeo, Chanthaburi) et Bangkok ; retour dans le Nord-OuestEnviron un million de Cambodgiens travaillaient en Thaïlande, dans la construction, la pêche et l’agriculture. Lors du conflit de juillet 2025 et de la fermeture de la frontière, des centaines de milliers sont rentrés, selon les chiffres cités par la presse régionale. Les familles de la frontière ont été déplacées par les combats (près d’un million de déplacés des deux côtés lors des affrontements de décembre 2025, selon l’International Crisis Group) et subissent encore les mines et la perte de revenus.