Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Kikuyus, Kalenjins, Luos, LuhyasCentre, ouest, vallée du Rift, NairobiLe pays compte une quarantaine de groupes. Les Kikuyus ont dominé la vie politique depuis l’indépendance en 1963 : trois des quatre premiers présidents (Jomo Kenyatta, Mwai Kibaki, Uhuru Kenyatta) en étaient issus, avant l’élection en 2022 du Kalenjin William Ruto. Les rivalités entre communautés se jouent surtout autour de l’accès à la terre et aux postes publics, et ont dégénéré en violences après l’élection de 2007, qui ont fait plus d’un millier de morts. Depuis la destitution du vice-président Rigathi Gachagua, un Kikuyu, en octobre 2024, une partie de l’électorat du Mont Kenya a basculé dans l’opposition.
Jeunesse urbaine « Gen Z »Nairobi, Kisumu, Mombasa et grandes villesCe mouvement sans chef, né en juin 2024 contre un projet de loi de finances, a envahi le Parlement et fait reculer le pouvoir, avant d’être réprimé : des dizaines de morts en 2024 et 2025, selon les organisations de défense des droits. Il dénonce la corruption, les taxes et les violences policières, et il pèse sur la présidentielle d’août 2027, où Ruto affronte une opposition divisée. Le chef historique de l’opposition, Raila Odinga, est mort le 15 octobre 2025 ; son parti ODM s’est maintenu dans le gouvernement « à large base » de Ruto, au prix de divisions internes.
Somalis kényans et réfugiésNord-est, camps de Dadaab et de KakumaLes Somalis du Kenya, présents depuis l’époque coloniale, ont longtemps été suspectés par l’État, qui a combattu une sécession soutenue par la Somalie dans les années 1960 puis subi des attaques d’Al-Shabaab (centre Westgate en 2013, université de Garissa en 2015). Le pays accueille aussi plusieurs centaines de milliers de réfugiés, surtout somaliens et sud-soudanais, dans des camps ouverts depuis les années 1990 que le gouvernement a plusieurs fois voulu fermer.
Communautés d’origine indienne et asiatiqueNairobi, Mombasa, KisumuVenus en partie comme ouvriers du chemin de fer britannique à la fin du XIXe siècle, ils forment une minorité de commerçants et d’entrepreneurs, parfois visée par la méfiance. Beaucoup ont gardé un rôle économique important dans le commerce, l’industrie et l’immobilier.
Masaïs et peuples pasteursSud de la vallée du Rift, nord du paysDépossédés d’une partie de leurs pâturages par les colons britanniques puis par les parcs nationaux, les pasteurs défendent leurs terres face aux fermes, au tourisme et au changement climatique, avec des sécheresses de plus en plus longues. La répression de la révolte des Mau Mau (1952-1960) et l’accaparement des « hautes terres blanches » par les colons restent des blessures vives, que Londres n’a reconnues qu’en partie, par une indemnisation en 2013.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.