Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Italiens du Nord et du SudLombardie, Vénétie, Mezzogiorno, Sicile, SardaigneLe Nord industriel, plus riche, et le Sud, longtemps pauvre, sont réunis depuis 1861, et la Ligue, partenaire de la coalition, réclame plus d’autonomie pour les régions, avec une loi d’« autonomie différenciée » en partie censurée par la Cour constitutionnelle en 2024. Le Sud reçoit une grande part des fonds du plan de relance européen, dont l’Italie est la première bénéficiaire. Au pouvoir depuis octobre 2022, Giorgia Meloni (Frères d’Italie, avec la Ligue et Forza Italia) a perdu en mars 2026 un référendum sur la réforme de la justice, rejetée par environ 54 % des votants, mais reste Première ministre, avant des législatives prévues en 2027.
Diaspora italienneArgentine, Brésil, États-Unis, France, Allemagne, Suisse, AustralieÀ partir de l’unification de 1861, la pauvreté du Sud et la surpopulation ont poussé des millions d’Italiens à partir, surtout vers les Amériques, puis vers l’Europe du Nord après 1945. Ces émigrés ont fondé des communautés durables ; des dizaines de millions de personnes revendiquent une ascendance italienne. Ces liens donnent à l’Italie un réseau d’influence et un vote des Italiens de l’étranger, qui élisent des députés.
Roumains et AlbanaisRome, Milan, Turin, Vénétie, Émilie-RomagneLes Roumains forment la première communauté étrangère du pays, venue après 2007 grâce à l’entrée de la Roumanie dans l’Union et à la demande de main-d’œuvre pour les soins à domicile et le bâtiment. Les Albanais, arrivés dès l’effondrement du régime communiste en 1991, par bateau jusqu’aux Pouilles, sont aussi nombreux. Leur intégration est largement réussie, et leurs envois d’argent soutiennent leurs pays d’origine.
Migrants de la Méditerranée centraleSicile, Lampedusa, Calabre, grandes villes du nord, centre de Gjadër (Albanie)Depuis les années 1990, et en particulier après 2011 et l’effondrement de la Libye, des centaines de milliers de personnes venues d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, du Bangladesh ou d’Érythrée ont traversé la mer. Elles passent souvent par des réseaux de passeurs libyens, et l’Italie est surtout un pays d’entrée ; en 2026, les arrivées par mer ont chuté d’environ moitié (18 000 à la fin août, dont plus de 80 % depuis la Libye, selon l’ONU (Organisation des Nations unies) et le ministère de l’Intérieur). Rome a conclu des accords avec la Libye, la Tunisie et l’Albanie, où le centre de Gjadër, vide ou presque depuis 2024 après des revers judiciaires, sert surtout de centre de rapatriement, et la Cour de justice de l’Union a limité en août 2025 la liste des « pays sûrs ».
Libyens, Érythréens, Éthiopiens et SomaliensRome, Milan, Sicile (diasporas) ; Libye, Corne de l’AfriqueL’Italie a colonisé l’Érythrée dès 1890, puis la Somalie et la Libye (1911-1943), et occupé l’Éthiopie en 1936-1941 avec des violences, dont l’usage de gaz. Le traité de 2008 avec Kadhafi a réglé le contentieux colonial par un programme d’investissements de plusieurs milliards, en échange d’une coopération contre l’immigration. Ces liens expliquent l’influence de Rome à Tripoli, à Asmara et à Mogadiscio, et la présence de diasporas à Rome ou à Milan.
Germanophones du Haut-Adige (Tyrol du Sud)Province de BolzanoTerritoire autrichien jusqu’en 1919, rattaché à l’Italie après la Première Guerre mondiale. Le régime fasciste a mené une politique d’italianisation forcée. Après des attentats dans les années 1960, un statut d’autonomie négocié avec l’Autriche, devenu définitif en 1992, a apaisé la situation. La région est aujourd’hui prospère et sert souvent de modèle de résolution d’un conflit de minorité.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.