Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Juifs israéliensTout le pays, avec de fortes concentrations à Tel-Aviv, Jérusalem et HaïfaEnviron trois quarts de la population. Les premiers arrivants, souvent d’Europe centrale et orientale, ont émigré dès la fin du XIXe siècle puis fui les persécutions et la Shoah. Après 1948, des centaines de milliers de Juifs des pays arabes ont aussi rejoint Israël, puis des Juifs d’ex-URSS (Union des républiques socialistes soviétiques) dans les années 1990. L’État se définit comme la patrie du peuple juif, et ce principe fonde le droit au retour. Le pays est traversé par des fractures (religieux contre laïcs, droite contre centre-gauche) : le gouvernement de Benyamin Netanyahu, allié à l’extrême droite de Smotrich et Ben-Gvir, a éclaté sur la question du service militaire des ultra-orthodoxes, la Knesset s’est dissoute et des élections sont prévues le 27 octobre 2026. L’opposition s’est regroupée autour de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et de Yaïr Lapid (liste commune « Ensemble »), avec l’ex-général Gadi Eisenkot en concurrent. Netanyahu, jugé pour corruption depuis 2020, a demandé en novembre 2025 une grâce au président Herzog, qui n’avait pas tranché au printemps 2026.
Arabes israéliens (Palestiniens citoyens d’Israël)Galilée, Triangle, Néguev, villes mixtes (Haïfa, Jaffa, Lod)Ils représentent environ un cinquième de la population. Ils sont les descendants des Palestiniens restés sur place en 1948, devenus citoyens mais soumis jusqu’en 1966 à un régime militaire. Majoritairement musulmans, avec des minorités chrétienne et druze, ils dénoncent des discriminations (terres, budgets) et la loi de 2018 définissant Israël comme État-nation du peuple juif. Leurs partis pèsent peu au pouvoir mais peuvent faire basculer une majorité à la Knesset.
DruzesGalilée et mont Carmel, plateau du GolanEnviron 150 000 personnes, citoyens israéliens qui font leur service militaire et occupent des postes dans l’armée et la police. Leur communauté s’étend de l’autre côté de la frontière, en Syrie et au Liban : c’est pourquoi Israël s’est présenté comme protecteur des Druzes syriens de Soueïda et a frappé les forces de Damas en 2025 et 2026. Les Druzes israéliens ont aussi été touchés par la loi de 2018 sur l’État-nation, qu’ils jugent discriminatoire.
Haredim (ultra-orthodoxes)Bnei Brak, quartiers de Jérusalem, colonies comme Beitar IllitEnviron 13 % de la population, avec un taux de natalité très élevé. Ils bénéficiaient d’exemptions de service militaire pour étudier dans des écoles talmudiques. Le sujet est devenu explosif depuis la guerre de Gaza et la guerre contre l’Iran : en juillet 2026, la Knesset a voté une loi empêchant l’arrestation des réfractaires, que la Cour suprême a annulée à l’unanimité en septembre. Leurs partis ont fait et défait les coalitions de Netanyahu, et la durée du service des hommes a été portée à 32 mois.
Colons de CisjordanieColonies de Cisjordanie et de Jérusalem-EstEnviron 500 000 Israéliens vivent en Cisjordanie hors Jérusalem-Est, territoire occupé depuis la guerre de 1967. La communauté internationale juge ces colonies contraires au droit international, ce qu’Israël conteste. Leurs représentants (Smotrich, Ben-Gvir) occupent des ministères clés, le cabinet de sécurité a avancé en février 2026 des textes présentés comme des étapes vers l’annexion, et la violence de colons contre les villages palestiniens continue. L’expansion des colonies fragilise l’idée d’un futur État palestinien.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.