Hindous et nationalisme hindouDans tout le pays, surtout le nord et le centre (« ceinture de l’hindi »)Les hindous forment environ 80 % de la population. Le Bharatiya Janata Party (BJP), du Premier ministre Narendra Modi au pouvoir depuis 2014 et lié au mouvement nationaliste RSS, veut faire de l’hindouisme le socle de l’identité nationale. Le BJP a perdu sa majorité seule aux élections de 2024 et gouverne avec des alliés régionaux, ce qui limite sa marge de manœuvre sans l’empêcher de dominer l’appareil d’État, les médias et la plupart des grands États. Les contre-pouvoirs sont la justice, les États gouvernés par l’opposition, la presse et les syndicats d’agriculteurs, mais ils sont sous pression.
Musulmans indiensDans tout le pays ; majorité au Cachemire ; forte présence en Uttar Pradesh, Bengale-Occidental, Bihar, KeralaAvec plus de 200 millions de personnes, environ 14 % de la population, l’Inde a l’une des plus grandes communautés musulmanes du monde. Elle est présente depuis les premiers contacts avec le monde arabe et surtout depuis les sultanats puis l’empire moghol. Lors de la partition de 1947, qui a créé le Pakistan, la plupart des musulmans de l’Inde sont restés. Leur place dans un pays où le nationalisme hindou gagne en force est l’un des grands débats politiques actuels, notamment autour de la loi de 2019 sur la citoyenneté (appliquée depuis 2024), qui exclut les musulmans des facilités de naturalisation accordées à d’autres réfugiés venus des pays voisins.
CachemirisVallée du Cachemire, Jammu et Ladakh (Jammu-et-Cachemire, territoire administré par Delhi)Le Cachemire est disputé depuis la partition de 1947, quand son maharaja hindou a rejoint l’Inde alors que la population est majoritairement musulmane : il est aujourd’hui divisé entre l’Inde, le Pakistan et, pour une petite zone (Aksai Chin), la Chine. En 2019, Delhi a supprimé l’autonomie spéciale de l’État (article 370) et l’a transformé en territoire fédéral ; une insurrection armée soutenue en partie depuis le Pakistan y dure depuis 1989. L’attentat de Pahalgam en avril 2025, qui a tué 26 personnes dont des touristes, a déclenché la plus grave crise avec le Pakistan depuis 1999.
Peuples du Nord-Est (Manipur et voisins)Manipur, Nagaland, Mizoram, Assam, Arunachal Pradesh, reliés au reste du pays par un étroit couloirCette région aux dizaines de peuples, souvent chrétiens ou animistes, a été rattachée à l’Inde coloniale par les Britanniques et conserve des mouvements autonomistes anciens. Au Manipur, un conflit entre les Meitei, majoritaires et hindous, et les Kuki-Zo, chrétiens des collines, a fait plus de 200 morts et déplacé des dizaines de milliers de personnes depuis mai 2023, au point que Delhi a imposé le régime présidentiel en 2025. La région est stratégique face à la Birmanie et à la Chine, qui revendique l’Arunachal Pradesh.
Dalits et système des castesDans tout le pays, surtout dans les villagesLes Dalits, autrefois appelés « intouchables », représentent environ 16 % de la population, soit plus de 200 millions de personnes. Le système des castes, vieux de plus de deux millénaires, les relègue aux métiers les plus bas. La Constitution de 1950, portée par Ambedkar, a aboli l’intouchabilité et instauré des quotas, mais discriminations et violences persistent, surtout en milieu rural. Les partis jouent aujourd’hui sur le vote des castes, et la question d’un recensement des castes, accepté par Delhi en 2025, est politiquement explosive.
AdivasisCeinture forestière du centre et de l’est (Jharkhand, Chhattisgarh, Odisha) et nord-estCes peuples « premiers », environ 8 % des habitants, vivent dans les forêts et les collines, souvent riches en minerais et en charbon. Leurs terres sont convoitées par l’industrie minière et les barrages, ce qui a nourri des déplacements forcés et une insurrection maoïste (naxalite) dans les régions concernées. Cette guérilla, aujourd’hui très affaiblie, a vu Delhi se fixer mars 2026 comme date limite pour l’éliminer.