Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Descendants des réfugiés d’Asie MineureAthènes, Le Pirée, Thessalonique, Macédoine, ThraceAprès la défaite grecque face à la Turquie en 1922, environ 1,2 million de Grecs orthodoxes ont fui ou ont été expulsés d’Asie Mineure, notamment de Smyrne. Le traité de Lausanne de 1923 a organisé un échange de populations avec la Turquie, qui a envoyé en retour des musulmans. Ces réfugiés se sont installés dans des quartiers entiers et ont modelé la Grèce moderne. Cette mémoire nourrit une méfiance durable envers Ankara.
Minorité musulmane de ThraceThrace occidentale (Komotini, Xanthi)Seule minorité reconnue officiellement par la Grèce, elle a été exemptée de l’échange de populations de 1923. Elle regroupe des Turcs, des Pomaques et des Roms musulmans. La Turquie s’en proclame protectrice et revendique l’emploi du mot « turque », que la Grèce refuse, ce qui crée des tensions régulières, notamment sur la désignation des muftis.
Chypriotes grecs et turcsChypre (île liée à la Grèce par la langue, la religion et l’histoire)Chypre est divisée depuis 1974, quand un coup d’État soutenu par la junte d’Athènes a poussé la Turquie à envahir le nord de l’île, qu’elle occupe toujours et où elle soutient une « République turque de Chypre du Nord » reconnue seulement par elle. La Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni sont puissances garantes de l’indépendance de l’île, membre de l’Union européenne depuis 2004. Athènes soutient la République de Chypre dans ses projets de gaz et d’électricité, que la Turquie conteste.
AlbanaisAthènes, Thessalonique, campagnes du nord et du PéloponnèseAprès la chute du régime communiste albanais en 1991, des centaines de milliers d’Albanais, poussés par la misère et le chaos, ont passé la frontière vers la Grèce. Ils ont travaillé dans l’agriculture et le bâtiment, et sont restés. Ils forment la première communauté étrangère du pays. Leurs enfants, nés en Grèce, ont fait de la citoyenneté un sujet de débat.
Migrants et réfugiés des îles de la mer Égée et de la CrèteLesbos, Chios, Samos, Kos, Crète, Athènes, région de l’EvrosLa Grèce est une porte d’entrée dans l’Union européenne. En 2015, plus d’un million de personnes, surtout des Syriens, des Afghans et des Irakiens, ont traversé depuis la Turquie vers les îles voisines. L’accord entre l’Union et la Turquie de 2016 a réduit les flux, mais la route de la Libye vers la Crète s’est ouverte, et les camps de Lesbos ou de Samos ont été surpeuplés. La Grèce est accusée de refoulements, et ses relations avec Ankara sur la gestion des frontières restent tendues.
Grecs de la crise de la detteAthènes, villes grecques, diaspora (Allemagne, Royaume-Uni)Entre 2010 et 2018, les prêts de l’Union, de la BCE (Banque centrale européenne) et du FMI (Fonds monétaire international), conditionnés à une austérité sévère, ont fait perdre à l’économie un quart de sa richesse et poussé des centaines de milliers de jeunes diplômés à partir. Ce passé nourrit un sentiment d’ingérence, surtout envers l’Allemagne. Aujourd’hui, le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie) est au pouvoir depuis 2019 mais ne rassemble, selon les sondages de 2026, que 25 à 29 % des intentions de vote, affaibli par le scandale OPEKEPE sur les subventions agricoles ; les législatives sont attendues d’ici 2027 et de nouveaux venus, comme l’ex-Premier ministre Tsípras ou le parti de Maria Karystianou, cherchent à profiter de cette usure.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.