Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Akans (Ashantis, Fantis)Centre et sud : Kumasi, côteLes Akans représentent environ 45 % de la population. L’empire ashanti, centré sur Kumasi, a dominé la région jusqu’à la colonisation britannique au XIXe siècle. Les chefs traditionnels, comme l’Asantehene, gardent aujourd’hui une grande autorité morale et foncière, et pèsent dans la vie politique : la région ashanti est le bastion du parti NPP, battu à la présidentielle de décembre 2024.
Peuples du Nord (Mole-Dagbani, Gurunsis)Régions du Nord, Haut-Ghana orientalLe Nord est plus pauvre que le Sud, héritage d’une colonisation qui l’avait traité comme réservoir de main-d’œuvre. Des conflits de chefferie, comme celui de Bawku entre Kusasis et Mamprusis, entraînent des violences répétées, à proximité de la frontière du Burkina Faso. Beaucoup de jeunes du Nord migrent vers le Sud pour travailler.
EwésRégion de la Volta, estLes Ewés sont répartis entre le Ghana et le Togo, séparés par une frontière coloniale tracée après le partage de l’ancien Togoland allemand. Une partie réclame encore plus d’autonomie ou la réunification, et des mouvements séparatistes existent dans la région de la Volta, bastion du parti NDC de John Mahama. Le Ghana les intègre largement dans sa vie politique.
Orpailleurs artisanaux et communautés minièresAshanti, Ouest, Est : bassins des fleuves Pra, Ankobra, OffinDes centaines de milliers de Ghanéens vivent directement ou indirectement de l’orpaillage artisanal, le « galamsey », souvent illégal, qui a pollué les fleuves et détruit des forêts au point de gêner l’approvisionnement en eau potable. Les manifestations « Stop Galamsey » de 2024 ont fait de ce sujet une affaire politique. Depuis la loi de 2025 créant GoldBod, un organisme d’État, l’or des petits mineurs doit passer par l’État, qui cherche à le contrôler et à l’exporter lui-même.
Diaspora ghanéenneRoyaume-Uni, États-Unis, Canada, Allemagne, ItalieLes crises économiques des années 1970-1980 ont poussé de nombreux Ghanéens à émigrer, notamment vers le Royaume-Uni et les États-Unis. Leurs transferts d’argent atteignent plusieurs milliards de dollars par an. L’État cultive ce lien, comme avec la campagne « Year of Return » de 2019, qui a invité les descendants d’esclaves à revenir.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.