Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
GéorgiensEnsemble du pays, surtout Tbilissi, Koutaïssi et l’OuestEnviron 87 % de la population, dont la langue et l’alphabet sont uniques au monde. L’orthodoxie, très influente, est un pilier de l’identité depuis la christianisation au IVe siècle. Le pays a été absorbé par l’Empire russe dès 1801, puis par l’Union soviétique en 1921, avant l’indépendance en 1991. Le pouvoir réel appartient depuis 2012 au parti Rêve géorgien et à son fondateur, le milliardaire Bidzina Ivanishvili, qui a fait fortune en Russie dans les années 1990 et dirige de fait le pays sans occuper de poste officiel ; le Premier ministre Irakli Kobakhidze et le président Mikheil Kavelashvili sont ses hommes de confiance.
Opposition et société civile pro-européennesTbilissi (avenue Roustavéli), Batoumi, grandes villesAprès les législatives d’octobre 2024, que l’opposition et une partie des observateurs jugent truquées, Tbilissi connaît des manifestations quasi quotidiennes depuis fin novembre 2024. Le pouvoir a répondu par des lois sur la « transparence de l’influence étrangère » (2024), puis sur les agents étrangers de type américain et sur les subventions étrangères, qui soumettent les financements des ONG (organisation non gouvernementale) et des médias à son autorisation. Des fondations allemandes (Konrad Adenauer, Friedrich Naumann) ont dû fermer leurs bureaux en septembre 2026 ; l’opposante Elene Khoshtaria purge dix-huit mois de prison pour avoir écrit « Rêve russe » sur une affiche. Le parti au pouvoir a en outre saisi la Cour constitutionnelle pour faire interdire cinq partis d’opposition : les audiences commencent les 21, 22 et 23 octobre 2026, et la décision est attendue d’ici juin 2027.
Abkhazes et OssètesAbkhazie (côte de la mer Noire) et Ossétie du Sud (nord de Tskhinvali)Ces peuples du Caucase ont des langues et des histoires distinctes. Ils ont fait sécession par la guerre au début des années 1990, avec un appui russe, puis en 2008 la Russie a reconnu leur indépendance après une guerre de cinq jours avec la Géorgie. Ces territoires, soit environ 20 % du pays, restent occupés selon Tbilissi ; la plupart des Géorgiens de souche en ont été chassés, et la Russie y entretient des bases militaires, paie une grande partie des budgets et fortifie la ligne de séparation, ce qui coupe des villages de leurs champs. En Abkhazie, une loi d’investissement russe jugée « colonisatrice » a provoqué un soulèvement fin 2024 et la démission du président Aslan Bjania ; Moscou a signé fin 2025 un nouveau programme d’aide pour 2026-2030. Seule la Russie et une poignée d’États reconnaissent ces entités.
Azéris et ArméniensKvemo Kartli (Sud-Est) ; Djavakhétie (Sud)Les Azéris de Géorgie, environ 6 % de la population, et les Arméniens, environ 4,5 %, vivent dans des régions frontalières, souvent peu intégrées car elles parlent peu le géorgien. Ils sont installés depuis des siècles dans ces zones, et la Djavakhétie a longtemps abrité une base militaire russe, fermée en 2007. Tbilissi doit les maintenir loyaux alors que l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ses deux voisins, sont influents.
Déplacés internesTbilissi, Zougdidi, villages proches des lignes de démarcationEnviron 250 000 personnes ont fui l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud lors des conflits des années 1990 et de 2008, surtout des Géorgiens. Elles n’ont pas pu rentrer car les territoires sont contrôlés par des autorités soutenues par la Russie. Leur retour est un enjeu central des négociations de Genève.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.