Français de métropole (majorité)Tout le territoire, de l’Île-de-France aux campagnesDepuis la dissolution de juin 2024, l’Assemblée nationale est coupée en trois blocs (gauche, centre et droite, extrême droite), sans majorité claire. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en septembre 2025 puis reconduit, a fait adopter début 2026 le budget après des mois de blocage. Le président Emmanuel Macron garde la main sur la diplomatie, la défense et l’arme nucléaire, mais ne peut pas se représenter en 2027. Le Rassemblement national arrive en tête dans les sondages ; Marine Le Pen, condamnée en 2025, a annoncé sa candidature après la décision de la cour d’appel de juillet 2026, et Jordan Bardella reste son recours. Les marchés et les agences de notation surveillent une dette élevée, ce qui limite la marge de manœuvre de tous les gouvernements.
Français d’origine maghrébineÎle-de-France, Marseille, Lyon, Lille, StrasbourgDes travailleurs algériens, marocains et tunisiens sont venus à partir de l’entre-deux-guerres, puis massivement pendant les Trente Glorieuses, quand l’industrie et le bâtiment manquaient de bras. Beaucoup sont restés après les indépendances et ont fait venir leurs familles par le regroupement familial, dans les années 1970. Les harkis, anciens supplétifs de l’armée française en Algérie, sont arrivés en 1962 et ont longtemps été relégués dans des camps. La mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie reste un sujet politique sensible, et les crises diplomatiques avec Alger, aggravées depuis la reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en 2024, se répercutent sur ces familles.
Populations d’Afrique subsaharienneÎle-de-France, Marseille, Bordeaux, villes industriellesMaliens, Sénégalais, Ivoiriens et Congolais viennent surtout d’anciennes colonies françaises, dont ils parlent la langue. Arrivés comme ouvriers dans les années 1960 et 1970, puis comme étudiants, travailleurs qualifiés ou demandeurs d’asile, ils sont restés grâce aux liens familiaux et au marché du travail. Les transferts d’argent vers les pays d’origine, et les relations avec des États en rupture avec Paris comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger, donnent à cette présence une dimension diplomatique.
Juifs et musulmans de FranceÎle-de-France, Marseille, Lyon, Strasbourg, grandes villesLa France abrite la plus grande communauté juive d’Europe, ancienne en Alsace et en Provence et renforcée dans les années 1950 et 1960 par l’arrivée de Juifs d’Afrique du Nord, ainsi que l’une des plus grandes communautés musulmanes d’Europe de l’Ouest, issue surtout de l’immigration du Maghreb, d’Afrique et de Turquie. Les deux sont prises dans la laïcité à la française et dans les tensions importées du Proche-Orient : depuis la guerre de Gaza, les actes antisémites ont fortement augmenté et les musulmans dénoncent une stigmatisation. Selon les services français, des puissances étrangères cherchent à exploiter ces fractures pour diviser l’opinion.
Ultramarins (Antilles, Réunion, Guyane, Mayotte, Polynésie)Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Polynésie françaisePrès de trois millions de Français vivent outre-mer, dans d’anciennes colonies à esclaves (Antilles, Réunion, Guyane) devenues départements en 1946 ou dans des collectivités autonomes. La vie chère, le chômage et le scandale du chlordécone, un pesticide qui a pollué les sols antillais, y nourrissent des révoltes régulières. Mayotte, départementalisée en 2011, est la plus pauvre et reçoit une forte immigration venue des Comores voisines, qui revendiquent l’île ; le cyclone Chido l’a dévastée en décembre 2024. En Polynésie, où la France a mené ses essais nucléaires de 1966 à 1996, un parti indépendantiste dirige le gouvernement local depuis 2023.
KanakNouvelle-Calédonie (Pacifique sud)Peuple mélanésien présent sur l’archipel depuis des millénaires, colonisé par la France en 1853 et longtemps privé de ses terres et de ses droits. Les années 1980 ont vu des violences, puis les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) ont promis un partage du pouvoir et trois référendums d’autodétermination, tous gagnés par le non à l’indépendance (le troisième, en 2021, boycotté par les indépendantistes). Les émeutes de mai 2024, nées d’un projet d’ouverture du corps électoral, gelé depuis 1998, ont fait plus de dix morts. L’accord de Bougival (juillet 2025), complété en janvier 2026, prévoyait un « État de la Nouvelle-Calédonie » dans la République, mais le FLNKS, principal mouvement indépendantiste, l’a rejeté et l’Assemblée nationale a repoussé la réforme constitutionnelle en avril 2026. Les élections provinciales ont été reportées à plusieurs reprises et l’avenir institutionnel reste bloqué.