Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
OromosCentre, sud et ouest du pays, autour d’Addis-AbebaPremier groupe du pays (environ un tiers de la population), les Oromos ont été intégrés à l’empire éthiopien à la fin du XIXe siècle, sous Ménélik II, et se sont longtemps sentis dominés par les élites amhara. Le fédéralisme ethnique de 1995 leur a donné une région (l’Oromia) et une langue de travail fédérale, et depuis 2018 le Premier ministre, Abiy Ahmed, est d’origine oromo. Mais l’Armée de libération oromo (OLA) mène depuis 2018 une insurrection en Oromia, faite d’enlèvements, d’attaques contre des civils et d’une répression militaire très dure. La capitale, Addis-Abeba, enclavée dans l’Oromia, reste l’objet d’une dispute sur son statut.
AmharasHauts plateaux du nord et du centre, villes du paysDominants dans l’État impérial jusqu’en 1974, les Amharas forment environ un quart de la population et sont très présents dans l’armée et l’administration. Depuis 1995, une partie d’entre eux dénonce un système qui les aurait affaiblis et laissé des Amharas minoritaires dans d’autres régions. En avril 2023, la dissolution des forces spéciales régionales a déclenché la révolte des milices Fano, qui contrôlent une grande partie des campagnes de la région Amhara malgré les frappes de drones de l’armée. Les Fano sont divisés en plusieurs commandements, et ils ont rejoint, selon Reuters, une alliance armée annoncée le 20 septembre 2026 avec le TPLF et l’OLA, deux anciens adversaires.
TigréensRégion du Tigré, nord du pays, et diasporaEnviron 6 % de la population, les Tigréens ont dirigé le pays de 1991 à 2018 à travers le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), pilier de la coalition au pouvoir. Quand Abiy Ahmed a remplacé cette coalition par le Parti de la prospérité en 2019, le TPLF a refusé d’y entrer ; la guerre de 2020-2022, avec l’armée érythréenne aux côtés d’Addis-Abeba, a fait des centaines de milliers de morts selon plusieurs estimations, et s’est close par l’accord de Pretoria du 2 novembre 2022. Depuis, le TPLF se déchire avec l’administrateur intérimaire nommé par le pouvoir fédéral, Tadesse Werede, dont le mandat a été prolongé par Abiy en avril 2026. Des combats ont repris dès janvier 2026, et le Tigré n’a pas voté aux élections de juin ; selon des analystes, une offensive du TPLF a eu lieu à partir du 23 septembre 2026.
Somalis de l’OgadenRégion Somali, est du paysRattachés à l’Éthiopie à la fin du XIXe siècle, les Somalis éthiopiens ont connu la guerre avec la Somalie (1977-1978), où l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques) et Cuba ont soutenu Addis-Abeba, puis une insurrection locale du Front national de libération de l’Ogaden (ONLF). Un accord de paix a été signé en 2018, mais une partie du mouvement reste hostile au pouvoir central. La région garde un statut fédéré, longtemps contrôlé par la sécurité, et abrite des gisements de gaz. Sécheresses et tensions sur les pâturages y alimentent régulièrement les déplacements.
AfarsRégion Afar (nord-est), Danakil, côte érythréenne autour d’Assab et DjiboutiÉleveurs répartis entre l’Éthiopie, l’Érythrée et Djibouti, les Afars vivent sur le territoire où se trouve le port d’Assab, que l’Éthiopie dit vouloir retrouver. Leur région a été touchée par la guerre du Tigré en 2021 et connaît des conflits de terres avec les Issas somalis. Leur désert du Danakil recèle la potasse que le pays cherche à exploiter.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.