Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Amazighs (Kabyles, Chaouis, Mozabites, Touaregs)Kabylie, Aurès, vallée du M’Zab, HoggarLes Amazighs sont les premiers habitants du Maghreb. En Algérie, les Kabyles (nord-est d’Alger), les Chaouis (Aurès), les Mozabites (Sahara) et les Touaregs (Hoggar) ont conservé leurs langues. Ils ont joué un rôle central dans la guerre d’indépendance, puis ont subi l’arabisation d’État. Leur langue est devenue officielle en 2016, mais la Kabylie reste un foyer de contestation, et le mouvement autonomiste MAK a été classé terroriste par Alger en 2021.
Réfugiés sahraouis de TindoufCamps près de Tindouf, sud-ouestDepuis 1975-1976, quand le Maroc a pris le contrôle du Sahara occidental, des dizaines de milliers de Sahraouis ont fui vers l’Algérie. Ils vivent depuis près d’un demi-siècle dans des camps en plein désert, gérés par le Front Polisario et dépendants de l’aide internationale. L’Algérie les accueille et les soutient politiquement, ce qui nourrit le conflit avec le Maroc.
Diaspora algérienne et harkisFrance surtout, et CanadaL’émigration vers la France remonte à la période coloniale et s’est amplifiée après l’indépendance de 1962 ; plusieurs millions de Français ont aujourd’hui des origines algériennes. Les harkis, supplétifs de l’armée française, ont été souvent massacrés en Algérie en 1962, et ceux qui ont fui vers la France ont longtemps vécu dans des camps. Ces mémoires de la guerre d’Algérie pèsent encore sur les relations entre les deux États.
Pieds-noirs et mémoire colonialeSud de la France, Algérie d’avant 1962La France a conquis l’Algérie à partir de 1830 et l’a administrée comme des départements français jusqu’en 1962, avec un million d’Européens installés sur les meilleures terres. La guerre d’indépendance (1954-1962), très violente, s’est terminée par le départ de presque tous les pieds-noirs en quelques mois. Cette histoire, avec les essais nucléaires français au Sahara, reste au cœur des demandes de reconnaissance et d’excuses faites par Alger.
Migrants subsahariensAlger, Oran, Tamanrasset, frontière nigérienneL’Algérie sert de pays de transit et de travail pour des migrants venus du Niger, du Mali et d’Afrique de l’Ouest. Des organisations humanitaires dénoncent des expulsions collectives vers le Niger, parfois en plein désert. Le sujet nourrit des tensions avec Niamey et alimente la politique migratoire européenne.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.