Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Allemands de l’EstSaxe, Saxe-Anhalt, Thuringe, Brandebourg, Mecklembourg-PoméranieVivant dans l’ancienne RDA (République démocratique allemande) jusqu’à la réunification de 1990, ils ont vu leurs usines fermées ou vendues à bas prix par l’organisme de privatisation Treuhand, et beaucoup de jeunes sont partis vers l’Ouest. Ils sont peu présents parmi les dirigeants des grandes entreprises et de l’État. Ce sentiment d’abandon nourrit le vote pour l’AfD : en Saxe-Anhalt, le 6 septembre 2026, ce parti d’extrême droite, classé extrémiste par le renseignement intérieur (une décision contestée en justice), est arrivé largement en tête avec environ 44 % des voix, loin devant la CDU. Les autres partis refusent jusqu’ici de gouverner avec lui, ce que l’on appelle le « mur pare-feu ».
Turcs et Allemands d’origine turqueBerlin, Cologne, Duisbourg, Stuttgart, MunichUn accord de recrutement signé en 1961 a fait venir des centaines de milliers de Gastarbeiter turcs pour travailler dans l’industrie du miracle économique. Ils devaient repartir, mais beaucoup sont restés, ont fait venir leurs familles après l’arrêt du recrutement en 1973 et ont eu des enfants nés en Allemagne. Ils forment la plus importante communauté d’origine immigrée du pays. La double nationalité est autorisée depuis 2024, mais l’intégration et les liens avec le président turc, qui s’adresse directement à cette diaspora et finance des mosquées via l’organisation Ditib, restent des sujets d’actualité.
Allemands de Russie (Spätaussiedler)Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Bavière, Bade-WurtembergLeurs ancêtres sont partis vers la Russie au XVIIIe siècle, invités par Catherine II. Déportés par Staline en 1941 vers la Sibérie et le Kazakhstan, ils ont bénéficié, après la chute de l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), d’un droit d’installation en Allemagne garanti par la Loi fondamentale. Plus de deux millions sont arrivés depuis les années 1990. Une partie d’entre eux, restée proche des médias russes, est un public que la propagande du Kremlin cherche à toucher, et que l’AfD courtise.
Réfugiés syriens et ukrainiensDans tout le pays, surtout les grandes villesEn 2015, l’Allemagne a accueilli plus d’un million de demandeurs d’asile, en grande partie des Syriens fuyant la guerre civile, après la décision d’Angela Merkel de ne pas fermer la frontière. Depuis février 2022, plus d’un million d’Ukrainiens ont aussi trouvé refuge sur son sol. Ils restent parce que la guerre continue, que l’économie allemande a besoin de main-d’œuvre et que les réseaux familiaux sont déjà installés. La chute de Bachar el-Assad en décembre 2024 a relancé le débat sur le retour des Syriens. L’accueil a nourri la montée de l’extrême droite, et le gouvernement de Friedrich Merz a durci les contrôles aux frontières.
SorabesLusace, entre la Saxe et le BrandebourgPetit peuple slave installé depuis plus de mille ans dans l’est de l’Allemagne, qui a conservé sa langue et ses traditions malgré des périodes de germanisation, notamment sous le nazisme. La RDA (République démocratique allemande) a soutenu leur culture, tout en la contrôlant. Leur avenir est menacé par la fermeture des mines de lignite et le départ des jeunes.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.