Plus de 200 groupes : Kongos, Lubas, Mongos, Azandés…Dans tout le pays, un territoire grand comme l’Europe occidentaleLe pays, créé par le roi des Belges Léopold II à la fin du XIXe siècle comme sa propriété personnelle, puis administré par la Belgique comme colonie jusqu’en 1960, rassemble des peuples qui n’avaient pas d’histoire commune. Le caoutchouc et l’ivoire y ont été extraits par le travail forcé, au prix de millions de morts. Après l’indépendance, le Premier ministre Patrice Lumumba a été renversé puis assassiné en 1961 avec la participation de responsables belges et le soutien américain à ses adversaires, puis le général Mobutu a dirigé le pays de 1965 à 1997, soutenu par l’Occident en pleine Guerre froide et grand pillard des richesses nationales. Les langues véhiculaires (lingala, swahili, kikongo, tshiluba) ont servi de ciment, mais l’État peine à contrôler un territoire aussi vaste. Le président Félix Tshisekedi (au pouvoir depuis 2019, réélu en 2023 dans un scrutin contesté) s’appuie sur une armée faible et sur des alliances régionales, et le débat sur une révision de la Constitution fait craindre un troisième mandat. Les Églises catholique et protestante jouent un rôle de contre-pouvoir et de médiateur.
Communautés rwandophones du Kivu (Hutus, Tutsis, Banyamulenge)Nord-Kivu et Sud-Kivu, est du paysUne partie est installée de longue date, une autre est venue du Rwanda à l’époque coloniale. Leur statut de citoyens a été contesté, et l’arrivée de plus d’un million de réfugiés hutus après le génocide de 1994, dont des génocidaires qui ont formé les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), a embrasé la région. Ce mélange a alimenté les guerres de 1996 et 1998 (jusqu’à 5 millions de morts, surtout par la faim et la maladie, selon des estimations), puis la rébellion du M23 (Mouvement du 23 mars), qui se présente comme protectrice des Tutsis congolais. Kigali justifie son rôle par la menace des FDLR, mais l’ONU (Organisation des Nations unies) l’accuse de viser aussi les richesses de l’Est. Les discours de haine contre les Tutsis congolais, comme ceux visant les Hutus, restent un danger.
M23/AFC et zones hors du contrôle de l’ÉtatGoma, Bukavu, Rubaya et territoires de l’EstLe M23 (Mouvement du 23 mars), soutenu par le Rwanda d’après l’ONU (Organisation des Nations unies), a pris Goma en janvier 2025 puis Bukavu en février, et administre ces villes avec son alliance politique AFC (Alliance Fleuve Congo) de Corneille Nangaa. Il collecte des taxes sur le commerce minier, dont la mine de coltan de Rubaya. Des accords signés à Washington en juin puis en décembre 2025, et un processus parallèle à Doha avec le M23, n’ont pas arrêté les combats. Mi-octobre 2026, l’ancien président Joseph Kabila, condamné à mort par contumace à Kinshasa, a présenté à Goma un nouveau mouvement, le Front pour la refondation de la nation, qui regroupe le M23, l’AFC et ses partisans, et menace d’agir par la force ; Kinshasa l’accuse de préparer une « attaque générale ». L’autorité de l’État est faible aussi ailleurs, où des dizaines de milices (dont les « wazalendo », alliées à l’armée) agissent.
Déplacés internesEst du pays, Ituri, KasaïPlus de six millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, un record en Afrique, chassées par les violences de dizaines de groupes armés, dont le M23 (Mouvement du 23 mars), les ADF (liés à l’État islamique), la CODECO, milice de Lendus en conflit avec les Hemas, et les milices Maï-Maï. Beaucoup vivent dans des camps autour de Goma, Bunia et ailleurs, dans des conditions précaires.
Mineurs artisanauxKatanga, Lualaba, Kivu, IturiPlus d’un million de Congolais, dont des enfants, creusent à la main cuivre, cobalt, or ou coltan, faute d’autres revenus. Ils fournissent une part de la production mondiale de cobalt, vendue à des négociants qui alimentent les batteries du monde entier. Ils sont exposés aux accidents, aux expulsions des concessions des grandes sociétés et, dans l’Est, au racket des groupes armés.
Peuples forestiers (Mbuti, Batwa)Forêts de l’Ituri, de l’Équateur et du KivuPremiers habitants des forêts d’Afrique centrale, ils vivent de chasse et de cueillette. Ils ont été chassés de nombreuses aires protégées (comme Kahuzi-Biega) au nom de la conservation et touchés par les guerres. Ils sont parmi les plus pauvres du pays et sont rarement consultés lors des projets miniers ou de carbone forestier.