Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Peuples du Nord (Dioulas, Malinkés, Sénoufos)Nord, AbidjanSouvent musulmans, ces peuples ont longtemps été associés à l’immigration d’origine sahélienne et ont été visés par la doctrine de l’« ivoirité » des années 1990, qui réservait la pleine citoyenneté aux « vrais » Ivoiriens. Cette exclusion a nourri la rébellion de 2002 qui a divisé le pays en deux. Le président Alassane Ouattara, issu du Nord, a été réélu le 25 octobre 2025 pour un quatrième mandat avec 89,8 % des voix selon les résultats officiels, validés par le Conseil constitutionnel début novembre ; le Nord reste son socle politique et sécuritaire.
Baoulés, Bétés et peuples du SudCentre, sud-ouest, côteLes Baoulés, groupe akan majoritaire au centre, ont fourni le premier président, Félix Houphouët-Boigny, qui a dirigé le pays de 1960 à 1993 ; son parti historique, le PDCI, est aujourd’hui dans l’opposition. Les Bétés, au centre-ouest, sont proches de Laurent Gbagbo. La compétition politique entre ces grands groupes a abouti à la crise de 2010-2011, où des affrontements ont fait environ 3 000 morts, dont des massacres de civils à Duékoué.
Opposants exclus (PPA-CI et PDCI)Abidjan, centre-ouest, diasporaPour la présidentielle de 2025, les candidatures de Laurent Gbagbo (PPA-CI) et de Tidjane Thiam (PDCI) ont été rejetées après des décisions de justice, ce qui a poussé leur front commun à appeler au boycott. Aux législatives du 27 décembre 2025, le parti présidentiel RHDP a obtenu environ 197 des 255 sièges, le PDCI 32 et les indépendants 21, avec une participation d’environ un tiers ; le PPA-CI n’a pas participé. Thiam dirige le PDCI depuis l’étranger au milieu de divisions internes, et des cadres du parti ont été placés sous contrôle judiciaire pour des faits liés à la crise électorale d’octobre 2025.
Travailleurs étrangers (Burkinabè, Maliens, Guinéens)Plantations du Sud et de l’OuestLes plantations de cacao et de café ont attiré, dès l’époque coloniale puis après l’indépendance, des millions de travailleurs d’Afrique de l’Ouest, qui représentent une part très importante de la population. Beaucoup se sont installés durablement, ce qui a créé des conflits fonciers avec les propriétaires locaux et nourri la xénophobie des années 1990 et 2000. Les Burkinabè, les plus nombreux, vivent aujourd’hui entre deux pays dont l’un, le Burkina, accuse l’autre de le déstabiliser.
Libanais et FrançaisAbidjanUne communauté libanaise, installée de longue date, est active dans le commerce, l’immobilier et l’industrie. Les Français, nombreux avant 2004, sont partis massivement après des violences contre eux cette année-là. Une communauté plus réduite est revenue depuis, avec le redressement économique.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.