Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
OuïghoursXinjiang (nord-ouest), bassin du Tarim et grandes oasisPeuple turcophone et musulman installé depuis des siècles sur les routes de la soie, le Xinjiang n’est rattaché à l’empire chinois qu’au XVIIIᵉ siècle et passe définitivement sous contrôle de Pékin en 1949. Depuis, l’installation de Chinois han et la politique de sécurité ont bouleversé l’équilibre local ; le Parti s’appuie notamment sur le « Bingtuan », une organisation paramilitaire de colons han qui possède de vastes terres et des entreprises. Depuis 2017, la région est le théâtre d’une surveillance de masse et d’internements, que Pékin présente comme de la « formation professionnelle » et de la lutte antiterroriste, et que l’ONU (Organisation des Nations unies) et de nombreux États jugent constitutifs de possibles crimes contre l’humanité. Une diaspora vit en Turquie, au Kazakhstan et en Europe ; la plupart des pays musulmans, qui ont besoin des investissements chinois, évitent de critiquer Pékin.
TibétainsRégion autonome du Tibet et zones tibétaines du Qinghai, du Sichuan et du GansuLe Tibet a longtemps eu une existence politique distincte, que Pékin conteste en y voyant une partie de la Chine depuis les dynasties impériales. L’armée chinoise y entre en 1950 ; le soulèvement de 1959 pousse le dalaï-lama à l’exil en Inde, où vit encore une communauté de dizaines de milliers de réfugiés. L’enjeu actuel touche à la langue, à la religion et au contrôle des monastères. Le plus grand risque est la succession : le dalaï-lama, né en 1935, a affirmé en juillet 2025 que sa fonction lui survivrait et que seule sa fondation désignerait son successeur, tandis que Pékin exige de le choisir lui-même, par la procédure impériale de l’« urne d’or ». On peut donc s’attendre à deux réincarnations rivales, comme pour le panchen-lama : celui reconnu par le dalaï-lama en 1995 a disparu et Pékin en a installé un autre.
Mongols de Mongolie-IntérieureRégion autonome de Mongolie-Intérieure (nord), frontalière de la MongolieEnviron quatre millions de Mongols vivent dans cette région, devenue très majoritairement han. Rattachée à la Chine après 1949, elle est restée séparée de la Mongolie voisine, indépendante depuis 1921 sous protection soviétique. En 2020, la décision de remplacer le mongol par le chinois pour plusieurs matières à l’école a provoqué des manifestations rares, rapidement réprimées.
HongkongaisHong Kong, sud-est, ancienne colonie britanniqueCédée aux Britanniques en 1842 après la première guerre de l’opium, Hong Kong est rendue à la Chine en 1997 sous la formule « un pays, deux systèmes ». Après les grandes manifestations de 2019, Pékin a imposé en 2020 une loi de sécurité nationale : opposants emprisonnés ou exilés, presse indépendante fermée, élections verrouillées. Le territoire reste une porte financière vers l’extérieur, ce qui retient Pékin d’aller jusqu’au bout ; une partie de ses habitants a émigré au Royaume-Uni, au Canada et à Taïwan.
Chinois hanDans tout le pays, surtout l’est et le sudLes Han forment environ 91 % de la population et ont peu à peu absorbé ou dominé les régions périphériques. Leur installation dans les régions frontalières (Xinjiang, Mongolie-Intérieure, Tibet) est un levier de contrôle du territoire et une source de tensions avec les peuples locaux. Le pouvoir réel appartient au Parti communiste et à un cercle étroit autour de Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012, qui a fait supprimer la limite des mandats en 2018 et obtenu un troisième mandat en 2022. Il n’existe aucun contre-pouvoir officiel : les tensions se lisent dans les purges, comme celle de l’armée, où le vice-président de la Commission militaire centrale Zhang Youxia et le général Liu Zhenli ont été visés par une enquête dès janvier 2026 et, selon plusieurs analyses, la commission ne compterait plus que Xi et un vice-président. Le pays reconnaît officiellement 55 autres minorités, dont les Zhuang et les Hui (musulmans sinophones).
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.