Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
Afro-brésiliensNord-Est (Bahia), Rio de Janeiro, São Paulo, favelasLe Brésil a reçu environ la moitié des Africains déportés vers les Amériques, et a aboli l’esclavage en dernier, en 1888, sans réforme agraire ni indemnisation des anciens esclaves. Plus de la moitié de la population se déclare aujourd’hui noire ou métisse. Malgré le mythe d’une « démocratie raciale », les inégalités de revenus, de violence et d’accès à l’éducation restent très liées à la couleur de peau : les victimes de la police et des gangs sont en majorité noires, comme lors de l’opération policière d’octobre 2025 à Rio, qui a fait plus d’une centaine de morts. Des politiques de quotas ont été introduites dans les universités et l’administration.
Peuples autochtones (Yanomami, Guaraní, Kayapó)Amazonie, Mato Grosso do Sul, NordIl reste environ 1,7 million d’autochtones, après des siècles de massacres et de maladies. Les Yanomami ont été frappés par l’orpaillage illégal et une crise sanitaire que Lula a déclarée urgence en 2023. Les terres autochtones sont les plus protégées de la déforestation, mais sont aussi convoitées par l’agro-industrie, les mines et les bûcherons. Le débat sur la date limite pour revendiquer des terres (le « marco temporal ») oppose la Cour suprême, qui l’a rejeté en 2023, au Congrès dominé par les ruralistes, qui l’a rétabli par une loi.
Agro-industrie et grands propriétaires (« ruralistas »)Mato Grosso, Goiás, Paraná, Matopiba, front pionnier amazonienLes grands producteurs de soja, de bœuf et de canne forment le lobby le plus puissant du Congrès : leur groupe parlementaire réunit environ 300 députés sur 513. Ils s’appuient sur des siècles de concentration des terres, héritage des immenses domaines coloniaux. Ils pèsent sur la loi forestière, les terres autochtones et les pesticides, et soutiennent massivement le camp Bolsonaro. En face, le Mouvement des sans-terre (MST) et les communautés quilombolas, descendants d’esclaves en fuite, réclament terres et titres de propriété, parfois au prix de violences.
ÉvangéliquesPériphéries urbaines, Sud-Est, Nord, Centre-OuestPlus d’un Brésilien sur quatre est évangélique, contre une petite minorité il y a cinquante ans, et le catholicisme recule. Les grandes églises pentecôtistes et leurs médias sont devenus des acteurs politiques majeurs, avec un groupe d’environ 200 parlementaires. Elles sont très liées au bolsonarisme sur les questions de mœurs et de sécurité, et leur vote pèse lourd dans les quartiers pauvres.
Descendants d’immigrés européens, japonais et libanaisSud et sud-est (São Paulo, Paraná, Rio Grande do Sul)Au XIXe et au début du XXe siècle, l’État a encouragé l’arrivée d’Italiens, d’Allemands, de Portugais et de Japonais pour travailler dans le café et remplacer les esclaves. São Paulo abrite la plus grande communauté japonaise hors du Japon et une très importante communauté libanaise. Leurs descendants occupent une place importante dans l’économie et les professions libérales, et le Sud, plus blanc et plus riche, vote davantage à droite.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.