Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
MossisCentre : Ouagadougou et plateau mossiLes Mossis forment le groupe le plus nombreux (environ la moitié de la population) et sont organisés autour d’un royaume très ancien, dont le Mogho Naba de Ouagadougou reste le chef coutumier et un médiateur écouté dans les crises. Ils ont dominé l’histoire politique du pays, mais le pouvoir est aujourd’hui entre les mains de militaires : le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé par le coup d’État de septembre 2022, a repoussé les élections à 2029 et dissous tous les partis en janvier 2026. Beaucoup de Mossis sont partis comme travailleurs en Côte d’Ivoire, dès l’époque coloniale.
PeulsNord, Sahel, est du paysÉleveurs présents dans tout le Sahel, les Peuls sont pris entre les groupes jihadistes, qui recrutent en leur sein, et les milices d’autodéfense (les Volontaires pour la défense de la patrie, enrôlés par dizaines de milliers) qui soutiennent l’armée. Des massacres de civils peuls par des forces gouvernementales ou alliées ont été documentés par des organisations de défense des droits humains, comme en février 2024 où plus de 200 villageois ont été tués. Le conflit renforce les rancœurs entre communautés, et selon certaines enquêtes, l’armée et ses alliés auraient tué plus de civils que les jihadistes depuis 2023.
Gourmantchés et peuples de l’EstFada N’Gourma, Est, frontières du Bénin, du Togo et du NigerL’Est du pays, peuplé notamment par les Gourmantchés, est devenu l’un des principaux terrains d’action du JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), qui s’y est installé à partir de 2018 en profitant des vastes réserves forestières (W, Arly, Pendjari) mal surveillées. Les villages y sont pris en étau entre taxes jihadistes et opérations de l’armée. Ces zones frontalières servent de porte d’entrée vers le nord du Bénin et du Togo, où les attaques se multiplient depuis 2021.
Déplacés internesOuagadougou, Kaya, Dori, Fada N’Gourma, villes assiégéesDepuis 2015 et surtout 2018, la violence jihadiste a chassé environ deux millions de personnes de leurs villages (chiffre officiel de 2023), soit près d’un habitant sur dix. Elles s’entassent dans des villes ou des camps, souvent privées d’aide humanitaire, car de nombreuses zones sont assiégées par le JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans). Le Burkina Faso ne contrôle plus qu’une partie de son territoire, et des attaques d’ampleur, comme celle de Djibo en février 2026, montrent que l’armée peine à reprendre la main. Les statistiques officielles sont moins publiées depuis 2024.
Burkinabè de Côte d’IvoireCôte d’Ivoire, surtout sud et ouestDepuis l’époque coloniale, la France a envoyé des travailleurs de la Haute-Volta, ancêtre du Burkina, dans les plantations ivoiriennes. Ils sont aujourd’hui des millions d’origine burkinabè en Côte d’Ivoire, et leurs transferts d’argent jouent un rôle important. Ils ont été pris pour cibles durant la crise ivoirienne des années 2000, et les tensions entre Abidjan et Ouagadougou, qui s’accusent mutuellement de déstabilisation, les placent à nouveau en position délicate.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.