Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
ArméniensEnsemble du pays : Erevan, Gyumri, VanadzorPlus de 98 % de la population. Peuple de langue indo-européenne, premier à adopter le christianisme comme religion d’État (vers 301). Le génocide de 1915 dans l’Empire ottoman, reconnu par de nombreux pays mais nié par la Turquie, a détruit les communautés d’Anatolie et marque profondément l’identité nationale. Le pays a ensuite été partagé entre l’Empire russe, puis l’Union soviétique, qui a fixé en 1921-1923 des frontières dont le Karabakh, rattaché à l’Azerbaïdjan, et le Nakhitchevan.
Pouvoir, opposition pro-russe et ÉgliseErevan, Syunik, régionsNikol Pashinyan, arrivé au pouvoir par la « révolution de velours » de 2018, a gagné les législatives du 7 juin 2026 avec environ 50 % des voix (64 sièges sur 105), devant « Arménie forte » du milliardaire russo-arménien Samvel Karapetyan (environ 23 %), assigné à résidence, et le bloc de l’ancien président Kotcharian (environ 10 %). Plusieurs partis d’opposition contestent le résultat, et ce camp, proche de Moscou, a été battu dans les urnes. L’Église apostolique, très influente, s’oppose au Premier ministre depuis 2025, après l’arrestation de plusieurs hauts prélats accusés d’avoir préparé un coup d’État, ce qu’ils nient. Le parti de Pashinyan n’a pas la majorité qualifiée de 70 sièges pour lancer seul une réforme de la Constitution.
Arméniens du Haut-Karabakh (réfugiés)Syunik, Erevan, AraratEn septembre 2023, l’Azerbaïdjan a repris par la force le Haut-Karabakh, territoire peuplé d’Arméniens depuis des siècles, après neuf mois de blocus. Environ 100 000 personnes, la quasi-totalité de la population, ont fui vers l’Arménie en quelques jours, et la République d’Artsakh a été dissoute au 1er janvier 2024. Elles ont perdu leurs terres et vivent dans une précarité durable, avec des craintes pour le patrimoine laissé sur place ; d’anciens dirigeants karabakhis et des prisonniers arméniens restent détenus à Bakou.
Diaspora arménienneRussie, États-Unis (Californie), France, Liban, Syrie, IranLa diaspora, plus nombreuse que la population résidente (environ 3 millions), est née surtout du génocide de 1915 et des exils qui ont suivi. Elle est très influente, notamment en France et aux États-Unis, où elle appuie les revendications arméniennes, et en Russie, où des hommes d’affaires comme Karapetyan pèsent dans la politique arménienne. Elle finance des projets dans le pays.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.