Qui vit où, depuis quand, et pourquoi : les groupes qu'il faut connaître pour comprendre le pays.
PachtounesSud et est du pays, sur les deux côtés de la ligne DurandPremier groupe du pays (environ 40 %), ils ont fourni la plupart des dynasties et des dirigeants depuis le XVIIIᵉ siècle. Les talibans, issus des villages pachtounes du sud, sont arrivés au pouvoir en 1996, puis de nouveau en 2021 après le retrait américain. Leur domination politique actuelle marginalise les autres groupes. Le pouvoir est concentré à Kandahar autour de l’émir Hibatullah Akhundzada, qui gouverne par décret et à qui la Cour pénale internationale a émis en 2025 un mandat d’arrêt pour persécution des femmes ; des sources afghanes rapportent des tensions avec le réseau Haqqani, qui tient le ministère de l’Intérieur, sans que cela se traduise par une rupture visible.
Femmes et filles afghanesDans tout le paysDepuis 2021, les talibans ont fermé aux filles les collèges et lycées, puis l’université (fin 2022), interdit de nombreux métiers et restreint les déplacements et la voix des femmes en public. L’ONU (Organisation des Nations unies) parle d’un système de discrimination institutionnalisée, que certains juristes qualifient d’« apartheid de genre ». Ces règles, qui empêchent la plupart des États de normaliser leurs relations avec le régime, sont aussi source de tension avec une partie des cadres talibans, qui aimeraient rouvrir les écoles.
TadjiksNord-est, Kaboul, Hérat, vallée du PanchirPersanophones sunnites, environ un quart à un tiers de la population, ils ont dominé l’administration et le commerce urbains. Ils ont formé l’essentiel de la résistance aux talibans dans les années 1990 (commandant Massoud) et en 2021. Ils sont aujourd’hui largement écartés du pouvoir, et leurs mouvements armés, comme le Front de résistance nationale du fils de Massoud, restent faibles et en exil.
HazarasCentre montagneux (Bamiyan, Daikundi), quartiers ouest de KaboulChiites persanophones, environ un dixième de la population, ils ont été massacrés et dépossédés de leurs terres par l’émir Abdur Rahman à la fin du XIXᵉ siècle, puis discriminés. Les talibans les ont visés dans les années 1990 et le groupe État islamique-Khorasan les attaque depuis 2015. Beaucoup ont migré en Iran et au Pakistan, d’où ils sont maintenant expulsés.
Ouzbeks et TurkmènesNord, le long du fleuve Amou-DariaTurcophones installés dans les plaines du nord, ils ont des liens étroits avec l’Ouzbékistan et le Turkménistan voisins. Leurs chefs de guerre, comme Rachid Dostom, ont changé de camp plusieurs fois au gré des guerres. Ils jouent un rôle de relais dans les échanges avec l’Asie centrale.
Afghans expulsés et déplacésPakistan, Iran, camps de retour à la frontière, KaboulDes millions d’Afghans avaient fui la guerre soviétique puis les combats suivants. Depuis 2023, le Pakistan et l’Iran en ont renvoyé des millions, souvent sans ressources, vers un pays en crise économique. Ces retours, l’arrêt de l’aide occidentale après 2021 et les coupes de 2025 aggravent une pauvreté très répandue.
Rédaction GeoMedjay, en cours de relecture.